Clichés, dollars et commentaires

Publié le par Hubert Mansion

 

La dégringolade de Britney Spears ne devrait pas faire oublier que sous les désastres personnels de cette jeune femme se dissimulent – à peine – de gros intérêts financiers pour les uns et les autres.

Media business 

 

Un reportage exclusif sur les aléas de Britney se négocie aujourd’hui autour des 500.000$ et cette somme augmente avec la gravité des faits. Celle-ci peut d’ailleurs provenir directement de l’acharnement médiatique à les divulguer. Car il vient un temps ou ces gens préfèrent mourir dans l’ombre plutôt que se faire aider en pleine lumière (Elvis, Marilyn, et récemment Anna Nicole Smith)

Pour en rester à des événements moins dramatiques, la photo de l’enfant de Brad Pitt et Angelina Jolie, vendue pour un nombre non révélé de millions, a profité à tous les secteurs :

-A l’agence Getty Image, d’abord, qui a vu sa notoriété bondir au niveau mondial, et a empoché sa commission.

-Aux magazines acheteurs ensuite : selon son porte parole, le magazine People a vu ses ventes augmenter de 700.000 unités suite à la publication de cette photo, et a enregistré 10.000 nouveaux abonnements.

-Aux stars concernées, en terme de notoriété et d’image de marque

-A leur fondation à qui les droits auraient été reversés.

 

Show-business

Pour les stars, le premier bénéfice est donc évidemment le cash. Jessica Simpson a préféré négocier cinq reportages exclusifs dans le magazine OK  pour 5 millions $, plutôt que bêtement 1 reportage pour 1 million.

Les photos du bébé de Tom Cruise se seraient négociées entre 2 et 5 millions $, peut-être directement payables à l’Eglise de Scientologie, par les magazines qui l’ont dénoncée, car l’argent n’a pas d’odeur lui qui peut tout avoir, disait Francis Blanche.

Les négociations ne se limitent pas aux aspects financiers. Les stars exigent  l’engagement d’un magazine de ne pas divulguer d’informations négatives pendant un certain temps, le contrôle du choix des clichés et l’approbation préalable du contenu rédactionnel.

Car l’augmentation de notoriété générée par ces publications entraîne à son tour de nouvelles occasions pour la star de multiplier ses gains. George Foreman, en contrôlant sa crédibilité de boxeur, a vendu plus de 700 millions de barbecue. Le sweet-shirt porté par Beyoncé dans le vidéoclip de « Irreplaceable », largement affiché dans la presse,  s’est arraché dans les boutiques, contribuant ainsi à augmenter le chiffre d’affaires de la nouvelle ligne lancée par la chanteuse, sa mère et feue sa grand-mère.

Ceci se produit même lorsque l’exposition médiatique est vue comme « négative ». Car ce qui est dénoncé par les uns (la drogue, la délinquance, etc.) est applaudi par les autres. Kate Moss et Paris Hilton en sont de belles illustrations. Mais il y en a bien d’autres.

C’est pourquoi la dégringolade de Britney, qui sert de prétexte à tant de medias pour nous faire la leçon sur les dangers de la gloire et de l’argent, n’est pas forcément dramatique pour sa carrière,  et sans doute rentable pour tout le monde.

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