CONTRE LE COMPROMIS DANS LA CRÉATION

Publié le par Hubert Mansion


Je discute aujourd’hui avec un de mes éditeurs au sujet de la couverture d’une réédition.  Le premier projet me paraît excellent mais, me dit-il, il a été refusé par le comité éditorial.


Il me montre les autres couvertures, que je trouve moins bonnes, mais que le comité a acceptées.

Les comités aboutissent bien souvent à produire du compromis. Un peu de ceci, un peu de cela : au final, personne n’est vraiment content, personne n’a vraiment ce qu’il veut, mais les moyennes de chacun sont atteintes.

Dans les industries créatives, la technique du compromis devrait être interdite pour les raisons suivantes :

1.- Le compromis a généralement pour effet de
brouiller l’identité d’un produit, en éliminant par exemple ses caractéristiques trop singulières pour les ramener à du connu, et parfois de l’archi-connu. Ce sont au contraire les singularités qui créent l’attachement d’une partie du public, qui en deviendra l’évangélisateur;

2.- L’évangile du compromis repose sur l’idée que se fait l’entreprise du
goût du public que les panelistes tentent de prévoir. Pourquoi ne pas lui demander  directement son avis ? Ceci suppose évidemment un travail préparatoire important : réunir le public auquel on s’adresse, et non pas le public en général;

3.- Le  compromis ne génère
aucune énergie. Puisqu’il est l’enfant de tous, il ne l’est de personne. Le succès provient au contraire, en général, d’une idée individuelle pour laquelle se bat une personne. Car c’est l’énergie qui convainc. Dans les industries créatives, si personne ne se bat, c’est la fin de tous. S’il n’y a pas de foi, il n’y a pas d’évangélistes.

Mais seulement des vendeurs.



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undergraduate dissertation 04/02/2010 15:22


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Marianne 09/01/2010 19:04


Plutôt d'accord avec cette analyse !
Ayant travaillé plusieurs mois en librairie, j'ai souvent été atterée de constater la nullité des premières de couverture, ne reflètant en rien le contenu de l'oeuvre et qui, loin d'amener un
lecteur vers le produit, le rebutent, voire l'en détournent.
A quoi bon faire travailler et retravailler un auteur, quant au final la couverture - première image de l'oeuvre et primo façon d'entrer en contact avec celle-ci - est ensuite bâclée