L'argent du Mondial

Publié le par Hubert Mansion

 

Comme le show-business, le football est d’abord une guerre des droits : en l’occurrence, les droits de retransmission (1,2 milliards d'euros au total). Comparé aux jeux Olympiques, le Mondial rapporte moins sur ce point, en raison du désintérêt des Américains entraînant une déflation, si l'on peut dire, des investissements publicitaires.

Toutefois, même dégonflé, le ballon reste rentable : on vient de confisquer 21 000 de ces objets estampillés du logo (déposé comme marque) de la Coupe du monde. La contrefaçon touche aussi bien les objets du commerce que les images, incorporelles, des sportifs.

Mais le point le plus étonnant, quand on examine cette manifestation en la regardant du monde de la musique, c'est l’absence d’Internet : il est – encore – impossible de suivre un match  en direct sur son ordinateur, la FIFA n’ayant pas concédé ces droits. N'est-il pas vraiment étonnant qu'un événement intitulé le Mondial ne puisse jouir de la seule technologie permettant une diffusion mondiale simultanée ? David Bowie, les Rolling Stones et tant d’autres ont 10 ans d’avance sur le monde du sport.

Les opérateurs de téléphones portables se sont, en revanche, rués sur les droits vidéo (à l'exception du droit de retransmettre en direct) pour des sommes avoisinant, pour certains territoires, le million d'euros. Les exclus de l’exclusivité se contentent d’adresser, par SMS, les résultats des principales équipes.

L’autre source niagaresque de financement provient des sponsors, « les partenaires officiels » :  700 millions d'euros par ceux-ci sont versés à la Fédération afin de profiter de l’extraordinaire visibilité de ces matchs (3,2 milliards de téléspectateurs). De même qu'on se sert des chanteurs pour vendre des supports toujours nouveaux, on utilise d’abord les footballeurs pour vendre des chaussures. Les Américains ne marqueront sans doute pas de but, mais Nike marquera des points. Adidas, de son côté, et sur son terrain (la marque est allemande) a investi 154 millions d'euros (plus que le double investi par Nike), y compris les chaussures portées par de nombreuses équipes en lice. L'enjeu est différent, car Nike a depuis longtemps dépassé le monde du sport, tandis qu'Adidas a longtemps persisté dans l'association performances sportive -- chaussures de sport. Les souliers, de l'une et de l'autre marque, sont en outre le prétexte d'une gigantesque braderie : les deux entreprises espèrent également vendre  3 millions de maillots et 25 millions de ballons.

Reste évidemment les salaires des stars qui, comme dans le show-business, procèdent de plus en plus de l’économie de la célébrité : l’activité de base rapporte moins que les exploitations dérivées de celle-ci. Ronaldinho, perçoit  ainsi des revenus mensuels de  710.000€ /mois mais  14 millions «d’autres revenus». David Beckham, touche également plus de revenus dérivés (11,6 millions) que de salaire (6,4 millions).

On me dira que, pour ressembler au « vrai » show-business, tout ça manque terriblement de sexe. Que nenni.

Il paraît que des milliers de prostituées ont envahi l’Allemagne pour la compétition que certains décrivent aujourd’hui, d’un air dégoûté, comme la « Croupe du monde ». That’s all folks !

Publié dans SHOW-BUSINESS

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