QUOTAS FRANCOPHONES EN FRANCOPHONIE

Publié le par Hubert Mansion

  

 

Au Québec, 65 % de la programmation radio doit obligatoirement être de contenu francophone entre six heures le matin et six heures le soir, du lundi au vendredi.

Contrairement à la France qui impose, dans son quota de 40%, une moitié des pièces de  nouvelles productions ou de nouveaux talents,  le Québec ne connaît pas le principe de « quota de nouveautés ». Cette législation a produit divers effets pervers. On constate en effet que ;

1.- la musique vocale de langue française est  surpondérée aux heures où l’auditoire est au plus bas.

2.-  « les stations concentrent leur programmation sur un nombre limité de grands succès, laissant inexplorée la majorité des titres mis à leur disposition. Pire encore, des stations francophones auront souvent une programmation musicale similaire pour plus de 50 % des titres retenus, et pour 80 % des diffusions ! Il va sans dire que les premiers à en souffrir sont les nouveaux artistes, dont très peu se taillent une place sur les playlists. » (Y.-F. Blanchet président de l’association des producteurs (ADISQ), La Presse, 16 mai 2006)

3.-sur un total estimé à 900 nouveautés québécoises lancées entre le 1er mars et le 31 décembre 2005, les radiodiffuseurs en ont retenu seulement 137, à peine 14% de l’offre. (Valérie Lesage, Le Soleil, 7 mai 2006)

4.-sur les 136 albums d'artistes francophones québécois figurant au Top 500-ventes, pas moins de 42 n'ont fait l'objet d'absolument aucune diffusion par les radios commerciales au cours de l'année 2005»,   (id., Journal de Montréal 15 juin 2006)

Le problème ne saurait être réglé par une législation à la française imposant un certain nombre de nouveautés dans la programmation, car ces dispositions aussi ont leurs effets pervers : si l’on définit en effet nouveauté par nouvel album, celui-ci peut aussi bien émaner d’une vedette établie, qui monopolisera le bénéfice de la législation, à un artiste émergeant, qui en souffrira. Faudrait-il alors obliger les radios à diffuser les nouveaux albums de nouveaux chanteurs – et définir ceux-ci comme les interprètes d’un premier album?  On serait, à coup sûr, submergés de staracadémiciens, lesquels nous inondent déjà. Or peut-on prétendre qu’il s’agisse là de nouveauté ?

Les quotas francophones au Québec ont sans aucun doute sauvé la chanson francophone : la meilleure preuve, pour moi, vient de la chanson belge qui, sans aucune réglementation pour contraindre la bande FM, ne vit que du chômage.  La meilleure façon de réussir  en Belgique, dans la musique, consiste encore à quitter le pays.

Publié dans SHOW-BUSINESS

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Marc 29/06/2006 11:22

Bonjour Hubert, tenez, voici un article qui devrait vous plaire :
http://www.hebdo.ch/index.cfm?id=2617
Il explique comment les Belges font du vrai rock et la question de l'auteur de l'article est "Quelle est leur recette ?". L'auteur devrait faire deux trois entretiens avec des labels francais, il comprendrait qu'en france, on n'aurait jamais signé Deus ou Venus. A cause des quotas... Et j'espere qu'on s'en mordrait les dents aujourd'hui.
On a des exemples de réussite, on veut se les cacher. J'appelle ca du protectionnisme primaire, de l'autarcie. Les quotas sont un leurre qu'il faut combattre avec insistance

Marc 21/06/2006 13:04

Bonjour Hubert,
encore une fois, je vais prendre des raccourcis... Ne pensez vous pas que Jacques Brel, s'il s'etait lancé aujourd'hui, ne serait pas aussi reconnu? Je dois dire que moi j'y crois.
Camille, son fil, la francaise: elle a du talent, et on le reconnait bien certainement. Besoin de quotas ? Je ne pense pas.
La Belgique ? Elle est tres connue pour sa culture, dans le monde entier. Je ne les plains pas. Je trouve que K's Choice est un groupe fantastique.
On peut etre triste pour les artistes belges: Sont ils tristes ? Vous leur avez demandé leur avis ?
La question reste donc encore une fois ouverte...