LES RAISONS DU REFUS : 1.-LE PROBLÈME DES ACTRICES

Publié le par Hubert Mansion


Je discute hier avec une actrice qui a beaucoup tourné à Los Angeles et au Québec. Elle vit confortablement de son travail depuis plus de 10 ans, alternant les films et les pubs. Mais elle n’arrive pas  décrocher
le rôle qui la placerait en orbite et donnerait à sa carrière l’élan qui lui manque.

Pourquoi? Son talent est au moins égal à celui de celles qu’on voit plus souvent; sa beauté, supérieure; son CV rassurant. D’ailleurs elle passe toutes les auditions avec succès jusqu’à rester dans les dernières sélections. Mais à ce moment, la réponse est toujours la même : on lui dit non pour le premier rôle.

- "Les producteurs pensent que je ne suis pas assez connue du public, et que mon nom n’attirera pas les foules", me confie-t-elle.

Cette analyse me semble juste mais peut-être incomplète. Ne s’agit-il pas plutôt de déficit d’identité? Ce que les producteurs recherchent, avant tout, c’est l’
incarnation du rôle: pour dire court, ils ne veulent pas d’une actrice qui joue un rôle, mais d’une femme occupant ce rôle dans la réalité – ou du moins dans leur perception-, et qui serait en outre actrice.

Une telle méthode me semble tout à fait contestable parce qu’elle fait fi du métier même de l’acteur, mais elle est généralisée.

Dès lors, l’acteur ne doit plus montrer qu’il sait jouer, mais plutôt
qui il est.  Le métier consiste maintenant  à offrir un concentré d’identité plutôt qu’une panoplie de talents et même à jouer qu’on est soi-même...

Qui suis-je ? Quelle est l’essence de mon moi ? Quelle est la perception que les autres ont de moi, est en quelque sorte la voie du show-business. Elle oblige à une réflexion sur soi, une acceptation du jugement de l’autre et une fidélité sans faille à son identité factice.


 

Publié dans SHOW-BUSINESS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Hubert Mansion 28/10/2009 22:39



Parfaitement d'accord ! Le Québec éprouve une adoration pour l"authentique", et la beauté lui paraît  prétentieuse dans une société dont l'ordinaire est un idéal.



Simo 28/10/2009 22:31



 


La vie d’une actrice « jolie » au Québec…. Est-ce que ça existe???? Oui, mais très peu et C’EST TRÈS DIFFICILE…… Andrée Lachapelle est dans mon souvenir celle qui alimentait, grâce,
beauté, élégance et évidemment grand talent. Le reste sera toujours pour la plupart des madames tout le monde, car le producteur  est rarement capable
d’imaginer une jolie actrice en femme de tête, en mère de famille ou femme battue….La réalité est souvent inverse, les belles femmes, si elle ne deviennent pas danseuses de club, ou putes ou
mannequins, ça ne se peut pas. Et il y a toujours les préjugés, elle est belle ça doit être facile, mais en fait non c’est le contraire, être belle au Québec est en quelque sorte un mauvais sort;
et malheur si on fait attention à nous, à ben là on est vraiment superficielle et  c’est la seule chose qui nous intéresse!!!


Comment ce fait-il qu’en France et aux Etats-Unis, les belles femmes  qui ont évidemment du talent et qui travaillent leur art avec passion sont-elles
adulées, remarquées et on des carrières qui se prolongent sur des décennies???


Charlize theron a eu la brillante idée de produire « Monster » sachant pertinemment qu’en s’enlaidissant et en engraissant de 30 livres et en performant d’une façon magistrale elle
allait le gagner son Oscar et ce fût fait… Marion Cotillard  pour «  La vie en Rose » n’était pas le choix évident, à cause de sa beauté,
mais un brillant réalisateur lui a fait confiance et regardé le résultat.


Il y a un malaise avec la beauté  au Québec dans le milieu télévisuel et cinématographique. C’est vraiment étrange qu’en plus à « tout le monde
en parle » ils invitent une militante qui se bat contre les modèle de beauté dans le magazines et les affiches.. Qu’elles affiches? 2 ou 3 au centre-ville. Les modèles québécois que nous
voyons dans les pubs, les séries, les films sont vraiment loin de l’image de la super model, non mais, soyons sérieux, s.v.p. Ici c’est le culte de l’ordinaire qui est primé au détriment de ceux
et celles que la nature ont malheureusement choyés. Et cela est un préjudice, mais comment l’admettre dans cette société si fière d’être ordinaire.