Tristes clones

Publié le par Hubert Mansion

L’aspect le plus irritant du show-business est la caricature qu’il impose aux vedettes car il est impossible d’être humain dans l’univoque.

Mais le public, comme un enfant, ne veut pas voir le réel, il ne veut que du confortable : que le bon soit vraiment bon, le méchant vraiment méchant. Que le rocker soit vraiment rebelle, et la sentimentale toujours amoureuse. Ailleurs que dans le show-business, cette obsession provoque l’intolérance, la froideur, la condamnation de l’autre dans sa complexité.  Quel drame humain, terrible, que de voir des hommes et des femmes oublier qu’ils sont humains, accepter la réduction que la société ou l’entreprise  impose  à leur nature! Jamais nous ne devrions accepter cela autrement que par jeu, et en sachant qu’il s’agit d’un jeu dangereux.

Et c’est à cet endroit que le show-business est très dangereux pour la société, car il expose au public, comme modèles, de prétendus créateurs s’immobilisant dans une image définitivement figée.

Je trouve  ridicules les journalistes ayant décidé de paraître systématiquement sérieux et tracassés par les nouvelles internationales, alors que, y passant leur vie, ils y sont certainement plus indifférents que moi; les chroniqueurs provocant tous les jours leur auditoire parce qu’un patron de radio a décidé de les faire passer pour tels, les politiciens ne parlant jamais de leurs difficultés de couple, les divas qu’on ne voit jamais simples – car tous ces gens sont des robots, des images d’eux-mêmes, des caricatures. Et ils portent une grande responsabilité puisque, étant l’objet d’admiration de millions de gens, ceux-ci tentent de les imiter. Ils contribuent fortement, dans une société basée sur le show-business, à ralentir l’évolution individuelle et l’acceptation de soi, par laquelle tout commence.

Illustrations 2 et 3 : Phil Alain, Edmonton, AB., Cda. 

http://www.nightofartists.com/

Publié dans SHOW-BUSINESS

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L'autre inconnu... 27/09/2005 06:12

Je me demande bien ou seraient Beethoven et Mozart dans ce monde de divertissement?
Hors ou sur la machine?

Hubert Mansion 01/05/2006 19:48

C'est une question difficile. La plupart des musiciens de l'Ancien Régime étaient des employés des princes de l'époque. Contrairement à ce qui est parfois dit, Mozart gagnait très bien sa vie (il n'a pas été jeté dans une fosse commune à cause de sa pauvreté, mais plutôt dans une sorte de caveau familial). La période postérieure a été beaucoup plus difficile. Qu'aurait fait Mozart aujourd'hui ? J'avoue que je n'en ai simplement aucune idée...