Gilles Proulx : le mauvais rôle

Publié le par Hubert Mansion

Au Québec, une chaîne de télévision populiste suspend un animateur pour avoir tenu des propos récriés par les téléspectateurs et par l’éthique.  Le débat se porte aussitôt vers l’animateur, qui jette l’éponge, mais non sur la chaîne, qui s’en sort la tête haute avec des airs outrés de vieille dame devant un exhibitionniste.  Ce qui est curieux, et alarmant, c’est que l’animateur, en l’occurrence Gilles Proulx, présente une défense que l’on pourrait résumer en : ce n’était pas moi. 

Ce n’était pas lui, c’était le rôle qu’on lui demandait de jouer, et qui l’a dépassé. En d’autres termes, il ne disait pas ce qu’il pensait, il ne pensait pas ce qu’il disait. Ce n’est pas qu’il récitait un rôle mais il jouait un personnage qu’il n’a jamais été, ce que je crois volontiers. On ne peut être aussi stupide.

Mais ce personnage n’existait que pour une raison : faire parler une société qui n’a pas l’habitude de débattre d’idées et lui révéler une vérité que son histoire n’est pas encore prête d’entendre : que le pays, traditionnellement gouverné par le centre gauche, tend maintenant vers une droite  réactionnaire.  Celle-ci, historiquement, a toujours proposé des solutions simples aux problèmes complexes, parce qu’elle a toujours préféré l’ordre à la justice. On peut juger Gilles Proulx, et il faut le faire car ses propos sont inacceptables. Mais qui a écrit son rôle? 

Publié dans SHOW-BUSINESS

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