COMMENT LEONARD COHEN A ETE RUINE

Publié le par Hubert Mansion

Le comptable de Sting a été condamné pour avoir détourné plus de 10 millions de dollars, Kirk Douglas a vu son manager disparaître avec toute sa fortune.  

J’ai raconté  dans Tout le Monde Vous Dira Non comment le Colonel Parker avait ruiné Elvis, et la femme de Billy Joel son mari. C’est donc loin d’être la première fois : Leonard Cohen, âgé de 70 ans, vient de se déclarer ruiné par sa manager et amie, et des dizaines d’autres proches. Kelley Lynch était manager de Cohen depuis 17 ans. 

 

Ancienne assistante de la précédente manager de l’artiste, décédée cette année,  sa connaissance des contrats et des affaires de Cohen l’avaient rendue indispensable. Une brève relation sentimentale il y a 15 ans, avait renforcé les liens presque familiaux qui les unissaient. Cohen employait son père, et Kelley avait été désignée dans le testament de l’artiste pour décider de sa vie ou de sa mort en cas de maladie prolongée : bref sa confiance était totale, et le mandat qu’il lui avait accordé, immense.

Le pot aux roses fut découvert lorsque le petit ami d’une employée déclara à Lorca, la fille de Cohen, que son père devrait s’inquiéter de ses affaires. Lorca répondit qu’il avait confiance en ses employés, et que de toutes façons, il approchait de la retraite.

Il ne pourra pas prendre sa retraite, répondit le jeune homme.

Cohen, qui était à Montréal, rentre directement à Los Angeles. Il découvre que 8,4 millions de dollars ont disparu : ses fonds de retraite s’élèvent à  150.000$.

Les montants placés provenaient de deux opérations ayant généré un apport de  15 millions de dollars payés de Sony. Ces sommes, elles-mêmes issues d’achat de copyright et de royalties vendues par Lynch, avaient été placées dans une société créée, pour des raisons fiscales, au nom d’un tiers. Cohen ne détenait que 0,5% des parts, Kelley Lynch possédant les 95,5% restant. Greenberg, un gestionnaire de fortune réputé proposé par Kelley,  gérait les investissements.

Il est établi que les fonds de cette société furent dilapidés rapidement. D’après Greenberg, Cohen lui-même effectuait des ponctions importantes sous forme d’emprunts jamais remboursés, ainsi que Lynch. Cohen était-il informé des retraits de sa manager ?   C’est une bonne partie de la question. Quelle était la nature des relations entre Lynch et Greenberg?   C’en est une autre. 

Un journaliste a retrouvé une correspondance dans laquelle le gestionnaire invite la manager à examiner qui, d’eux deux, est meilleur en sexe tantrique. Comme disent avec élégance les Américains,  fucking in the business is fucking the business.

Quoi qu’il en soit, Greenberg fait valoir qu’il a  tenté d’avertir Cohen de la situation à de nombreuses reprises. Cohen avance le contraire. Il semble certain que la communication était le plus souvent interceptée par Lynch.

Lorsqu’il apprend la situation, Cohen, dit Greenberg, met tout en œuvre pour que l’assurance du gestionnaire prenne en charge ce qui lui apparaît comme un sinistre. L’avocat de l’artiste aurait également tout mis en oeuvre, poursuit-il, pour convaincre Lynch de participer aux poursuites, moyennant un pardon pour les erreurs passées, et une participation aux résultats. Devant le refus de Greenberg de faire payer l’assurance, l’artiste aurait menacé de rendre publiques les malversations, ce qui explique la poursuite intentée par le gestionnaire contre Leonard.

Leonard Cohen se trouve donc dans deux procédures : dans l’une, il doit se défendre des accusations d’extorsion et diffamations lancées par son ex-conseiller en placement. Dans l’autre, il doit  prouver les malversations de ce dernier et de son ex-manager. Sans compter que, fiscalement, les sommes perdues n’en sont pas moins redevables d’impôt. Leonard Cohen a déjà hypothéqué sa maison. Il ne fait aucun doute qu’il devra repartir en tournée et qu’on verra, dans peu de temps, des coffrets et autres best of apparaître dans les rayons de la grande distribution. 

Publié dans SHOW-BUSINESS

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michael 14/11/2016 20:11

Il atravaillé toute sa vie et un conseilller juif comme Madoof, lui a voler ses économies, Leonard Chen a ététué par cette affaire d'argent, repose en paix.

Anne-Lise Nadeau, auteure-compositrice-interprÚte 19/08/2005 05:01

Ah! La vie d'artiste! En voyant cela, on ne peut faire que continuer à se méfier de tous et chacun! À qui faire confiance? C'est toujours la GRANDE question! Même quand on pense à la retraite, semble-t-il!