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avec Hubert Mansion

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Québec, 18 juin 2006

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Dimanche 23 septembre 2007

C’était un homme malheureux et drôle, cultivé et potache, adoré et incompris.

Jacques Martin, le Dom Pérignon de la télévision française, a fait pétiller des centaines de dimanches, jours si tristes pour des millions d’enfants qui devaient aller à la messe dans les années 80.

Il passait aussi, auprès des chanteurs, pour une petite terreur. Amateur d’art lyrique, il exigeait que les artistes chantent en live à « Dimanche Martin ». C’était une exception (dans la plupart des autres studios, tout se faisait en play-back), et une épreuve pour beaucoup d’entre eux. Mais quand il apportait son crédit à un artiste, celui-ci pouvait passer en une semaine du rang d’illustre inconnu à celui de star émergente. Je me souviens de ventes de 300.000 exemplaires d’un 45t. en quelques jours à peine : c’était au dernier millénaire.

Alors, on pouvait obtenir pratiquement sans négocier une avance équivalente à 30.000 € pour un single; les maisons de disques logeaient les chanteurs venus enregistrer Dimanche Martin dans des palaces, remboursaient les frais sans les vérifier, y compris le mini-bar; Pascal Nègre était attaché de presse chez RCA, Sony s’appelait CBS, il y avait un piano à queue dans le bureau du directeur de Warner, et on croyait dur comme fer à l’avenir de la cassette.

J’ai toujours pensé que le « music business » est beaucoup plus éprouvant à Paris que partout ailleurs; mais en revanche, les Champs-Élysées en taxi, quand auteur, compositeur, interprète ou producteur, on entendait sa propre chanson à la radio, au début du mois de mai; quand par les fenêtres ouvertes sur les embouteillages, on respirait un léger parfum de pollution mêlé à des arômes de café et d’anisette, quand on se disait qu’on avait le tube de l’été en s’approchant négligemment de l’ Arc de Triomphe, on se sentait inondé de grâce. Et on remerciait Jacques Martin.

par Hubert Mansion publié dans : SHOW-BUSINESS
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