Le cas Rihanna (1)

Publié le par Hubert Mansion

Son dernier single « Umbrella » est numéro 1 mondial, et on la présente partout comme la nouvelle Beyoncé.

 

On raconte qu’elle a signé chez Def Jam suite à une audition avec Jay-Z  qui aurait menacé de la jeter par la fenêtre si elle n’apposait pas ses initiales sur le contrat. La réalité est tout autre, bien sûr, mais cette légende alimente la « street credibility » de notre artiste.

 

En moins de deux ans, elle a sorti 3 albums, car nous sommes entrés dans le temps de la rotative : à peine a-t-on trouvé un MP3 qu’un nouveau disque apparaît sur les tablettes. En moins de deux ans également, Rihanna a vendu son image et /ou sa voix à 9 campagnes publicitaires américaines ou internationales :

 

 

-Miss Bisou (ligne de vêtement de JC Penney), printemps été 2006

-Boisson Fuze

-Clinique Happy (parfum), 2006

-CoverGirl (maquillage, 2006)

-Sparklespray (2005)

-Voitures (GM) 2006

-LG Chocolate (téléphone) 2007

-Déodorant « Secret », 2007

Elle  a enfin été récemment déclarée «Jambes de déesse» par Venus Gillette Razors et porte-parole du concours à travers l’Amérique.

La totalité de ces «deals» ont été initiés par sa maison de disques qui perçoit ainsi, directement ou indirectement, à côté des traditionnelles redevances, une commission sur les produits vendus en pharmacie, dans les garages, et tous les rayons des grandes surfaces.

Notre «mini-Beyoncé» a très bien compris le mécanisme général de l’exploitation de son image auprès des femmes:

« Girl fans, they're the best. They wanna dress like you, do their hair like yours and it's very cute, I love it» («Les filles sont les meilleures fans. Elles veulent s’habiller comme moi, se  coiffer comme moi. C’est mignon, j’adore ça»)

Les revenus ainsi engrangés lui ont permis de récupérer les avances, frais d’enregistrement et de promotion avancés par son producteur. C’eût été impensable il y a dix ans mais c’est l’évidence aujourd’hui : les maisons de disques se rattrapent des effets de la crise du disque par ceux de l’accroissement de la consommation de produits esthétiques. Hugues Aufray aurait-il été d’accord? Oui, si l’on en juge par Bob Dylan, qui a accepté de vendre son image à la lingerie de Victoria’s Secret.  En fait, les relations des vedettes et de l’argent, sous l’influence de la culture noire américaine, ont profondément changé.

(À suivre)

Publié dans SHOW-BUSINESS

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Lucien 06/01/2008 00:15

Je ne comprends pas trop la fin de l'article : en fait els relations des vedettes et de l'argent sous l'influence de la clture noire américaine ont profondément changé. Pourquoi la culture noire américaine ? la culture américaine, blanche ou noire, a toujours été matérialiste, c'est la raison pour laquelle elle a réussi à récupérer Bob Dylan. Le rap et certaines idées véhiculées par le rap et la RNB commerciale ont certes propagé l'idée du look blin bling, du culte de l'argent, mais le culte de l'argent a été initialisé par les Wasps. Et je pense que c'est assez méprisant pour la culture noire américaine, ce qui écrit(même si je m'intéresse peu à cette culture) car elle est vaste, riche et ne saurait etre réduite à cette capacité d'influencer en mal le monde du show biz. Ce sont les alléesn 70 qui ont pourri le show biz avec l'irruption de l'argent roi, de la musique pour supermarchés. Les producteurs noirs n'étaient que minoritaires sur les parts de marché  à l'époque. certains plus tard ont compris le filon (faire du commercial et user de tous les moyens marketing, faire du fric à tout prix et avec n'importe quoi), mais il y a un fossé entre Quincy Jones et le prod de Rihanna.CordialementA.

Le titre 'Site de l'année' 16/09/2007 20:07

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