LE BUSINESS DES VEUVES

Publié le par Hubert Mansion

 

 

Le droit est tordu : c’est la veuve, puis la succession de Brel qui hérite, par exemple, des droits d’auteur d’une chanson écrite par le chanteur à sa maîtresse (Ne me quitte pas); les héritiers de Ravel, n’ayant avec lui aucun lien de sang, ni d’âme, ni d’esprit, ont perçu pendant des années les fortunes générées par le Boléro, œuvre que méprisait son compositeur.

On voit des femmes ayant quitté leur mari se faire passer pour leur porte-parole : Véronique Coluci qui s’était engagée par contrat à ne pas porter le nom de son ex-mari, se présente aujourd’hui comme sa veuve (elle n’est en réalité que son ex), Jane Birkin pour celle de Gainsbourg, et celle d’Hergé pour l’ayant droit de Tintin. Du reste il n’est pas nécessaire d’être veuve pour s’arracher les dépouilles de quelqu’un qui n’est pas encore mort, comme l’a constaté Jacques Martin.

Courtney Love verrouille l’exploitation des chansons de son défunt mari, comme la fille d’Émile Littré avait empêché qu’on touche au dictionnaire de son père et on voit de lointains descendants de Victor Hugo s’opposer, au nom du droit moral, à ce qu’on écrive une suite aux œuvres du poète.

La raison est toujours la même, bien sûr, et se dit en un signe qui est celui du serpent: $.

S’il y a par ailleurs tant de femmes dans ces procédures, c’est uniquement à cause de leur longévité, je suppose. Et d’un certain entêtement : en 30 ans de procédures, 5 expertises, 6 ordonnances et trois arrêts, l’anarchie règne toujours dans la succession de Leo Ferré, et l’on ne sait pas qui aura quoi, entre la première femme de Léo, décédée mais à qui succède sa fille, et sa troisième.

Car bien sûr il y a les enfants, quand il n’y a plus les veuves. Les deux fils de Roda-Gil s’opposent à ce que leur père, auteur de Si on chantait, soit chanté par Julien Clerc dans un album qui contiendrait des œuvres d’autres paroliers au nom de l’intégrité d’une œuvre dont ils n’ont fait que profiter.  Il n’y aurait donc rien d’exceptionnel à ce que des héritiers se déclarent la guerre en ce qui concerne les droits de Quand les hommes vivront d’amour, puisque d’autres se sont cruellement battus pour ceux de Love Me Tender et que Richard Cocciante, auteur-compositeur de Sincérité a été condamné pour déclarations mensongères.

On plaide au nom de l’intégrité, mais on en n’a aucune, au nom des droits moraux, mais on n’a pas d’éthique, au nom du respect de l’œuvre, mais on espère juste vivre à l’aise sans devoir en faire aucune.

Publié dans SHOW-BUSINESS

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Visiteur 13/09/2007 22:30

L'histoire se répète avec Pavarotti : "Le journal La Stampa s'appuie sur l'interview d’une amie très proche de Pavarotti pour étayer ce qui ne reste pour le moment qu'une rumeur. D’après elle, Luciano lui aurait fait part de lourdes confidences : «Nicoletta m’a fait vivre un vrai cauchemar. Elle voulait m’isoler et me faisait signer tout un tas de papiers», explique cette amie, citant le chanteur ténor et affirmant l’avoir vu peu de temps avant sa mort. " (Le Monde). La fortune de Pavarotti est estimé à 200 millions d'euros.