The 2,2 million $ Babe

Publié le par Hubert Mansion

 

 

Carly Hennessy, une Irlandaise de 14 ans, débarque en 1999 à Los Angeles où - je passe les détails -  elle finit par être présentée au président de MCA, Jay Boberg.  À vrai dire, elle est jeune, mais pas débutante puisqu’elle a déjà enregistré un album de Noël dans son pays natal, et interprété Cosette enfant dans la comédie musicale des Misérables. Douée d’une jolie voix, soutenue par ses parents, réputée pour son sérieux, Carly Hennessy a tout, en fait, pour devenir une nouvelle Britney.

C’est pourquoi MCA lui offre un contrat à la hauteur de son ambition : enregistrement de 6 albums assorti d’une avance de 100.000$, d’une redevance de 15% (après récupération) et d’une allocation mensuelle de 5000$ destinée à couvrir ses dépenses personnelles pendant l’enregistrement.

L’ensemble étant récupérable, avec les budgets de production et la moitié des coûts de la video, le seuil de rentabilité s’élève à près de 600.000 exemplaires. Sa mère signe pour elle car la vie commence bien : ne porte-t-elle pas le nom d’un champagne ?

L’enregistrement du premier album coûte 350.000$, budget très normal pour une major. Mais il ne convient pas à MCA.  On le juge trop sérieux et trop vieux pour le public visé. Il est donc décidé de changer d’équipe et de le réenregistrer en totalité.

Pour ne pas attendre davantage, MCA décide de lancer un premier single avant la fin de la production de l’album complet. “ I’m Gonna Blow Your Mind”, a pour sujet la fellation (on suit toujours les traces de Britney), et le clip de 250.000$ qui l’accompagne n’a aucun succès.

Qu’importe le clip, seules les radios comptent. Pour susciter de l’airplay, MCA investit en promo (200.000 $), en look (100.000$) et en tour-support (150.000$).

Pendant que tout ça ne marche pas, Carly termine l’enregistrement du premier-second album (640.000$). On sort un second extrait « Beautiful You », et un second chèque pour la promotion (500.000 $). Sur les calculettes de MCA, nous sommes maintenant rendus à plus de 2 millions $ d’investissement.

- Et du côté des ventes de l’album ? demande un fantaisiste.

La réponse fait presque mal pour Carly: 378 exemplaires en tout et pour tout.

Publié dans SHOW-BUSINESS

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Hubert 16/04/2007 18:00

Vous avez raison, j'aurais pu être plus précis. En fait le look en question comprenait non seulement l'aspect physique de la chanteuse mais aussi tout ce qui concerne sa manière de répondre aux entrevues, appelons ça son "packaging" pour faire vite.
Aux dernières nouvelles, on essayait l'album en Europe. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas lieu de trop s'inquiéter pour elle : les sommes ainsi avancées sont "récupérables mais non remboursables".

P'tit détail 16/04/2007 13:03

Juste une question : vous dites "100 000$ en look" : qu'appelle-t-on des dépenses de "Look" ? Par ailleurs, avez-vous eu vent d'éventuelles décapitations et exécutions sommaires suite aux résultats des ventes ?