Contribution à l'histoire des blondes dans le show-business

Publié le par Hubert Mansion

L’une des grandes recettes du show-business consiste à créer une tension entre le contenant et le contenu, l’apparence et le sens.  Le disco, par exemple, mettait en avant des textes souvent dramatiques ou nostalgiques sur des musiques gaies; des hommes font des succès en interprétant des chansons écrites pour des femmes. Des bombes sexuelles se plaignent en chantant que personne ne les aime, tandis que les chanteurs de charme crient leur solitude (et que des milliardaires jouent de la guitare pour aider l’Afrique mais c’est une autre affaire).  La recette fonctionne à merveille, depuis longtemps et ne s’arrêtera jamais.  La blondeur de nombre de chanteuses et vedettes diverses procèdent de cette recette.

Barbie : la blonde hitlérienne

La blondeur des femmes, qui est celle de Barbie, renvoyait d’abord à l’enfance et son innocence.  La blonde qu’affectionnent les Américains est aussi celle qu’aimait les Nazis, car elle est aryenne. Elle l’est non seulement dans son corps mais aussi dans son histoire car Barbie s’inspire, de Lili, une pin-up du journal Bild Zeitung rapportée par Ruth Handler  en 1951, avec une idée en tête: l'américaniser, la rendre respectable. Elle devient en peu de temps l’épouse idéale.  Pour les Nazis comme pour les Américains, la blondeur est d’abord  synonyme de pureté, sans doute à cause du fait que la plupart des enfants en bas-âge, généralement considérés comme des innocents, sont blonds. Si pureté fait appel à innocence, innocence n’est pas loin de stupidité.

La blonde idiote

Dans les mêmes années 50, on franchit la petite distance entre ces deux adjectifs, et l’on crée la blonde idiote. Le personnage de la blonde idiote, qui prit dans les années 1950 aux Etats-Unis les formes de Marilyn Monroe, fut créé, disent les féministes, par des hommes pour des hommes. La blonde est l’épouse idéale du mari (brun) Hitchcock, de son côté, développe l’aspect perfide de la blonde, car la blondeur est pour lui un signe de froideur qui cache toujours quelque chose.

La fausse blonde

Surfant sur cette blondeur californienne, synonyme de pureté et de santé, les stars se sont mises très tôt à passer chez le coiffeur de sorte car la majorité des stars blondes ne sont pas blondes de naissance. L’apparition de Madonna, suivie par Britney, toutes deux aussi blondes qu’un tunnel, modifie sensiblement le discours-type de la blonde, car elles associent à cette esthétique un discours provocateur, créant cette tension entre l’apparence et le sens évoquée ci-dessus.

Blonde provoc et blonde trash

Ce mouvement nouveau crée alors deux tendances.  D’une part,  une tendance « classique » de type Paris Hilton, consistant à raffiner l’image pour mieux forcer le discours provocateur.  D’autre part une tendance « trash », initiée par Madonna d’abord : celle-ci, sur les conseils d’un autre décoloré célèbre, J.-P. Gaultier, laisse les racines noires visibles, car Madonna a toujours exposé ce que les autres cachent. Cette image est maintenant reprise par de nombreuses chanteuses noires, dans ce mouvement perpétuel d’aliénation raciale lancé par Elvis où les Blancs imitent les Noirs qui imitent les Blancs.

J'ai raconté dans Tout le monde vous dira non cette invraisemblable histoire de la pommade qu’utilisait le King pour ses cheveux :  tout, dirait-on, se concentre toujours sur les cheveux…  

 

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Morel 12/03/2009 16:13

Petite distance entre ces deux adjectifs... quel constatation objective ! Vous l'avez sans doute vecue cette idiotie pour être si catégorique ?

Raclo 12/07/2005 03:16

Vive les brunes, c'est plus simple!