Le fantastique destin du « wrong Guy »

Publié le par Hubert Mansion

 

Londres, mai 2006. Guy Goma, un Congolais  sans travail récemment arrivé en Grande-Bretagne, attend  dans un couloir qu’on vienne le chercher pour une entrevue d’embauche à la BBC.

Pas très loin de là, Guy Kewney, un journaliste spécialisé, fait les cent pas. Dans quelques minutes, il sera invité sur le plateau d’une émission consacrée à l’affaire BeatlesApple Computer.

Quand arrive la relationniste de l’émission, elle se trompe de personne, au lieu de Guy Kewney, c’est Guy Goma qu’elle emmène au maquillage puis sur le plateau, sans que le Congolais ait le temps de bien comprendre ce qui lui arrive.

A peine assis, la journaliste l’interroge devant les caméras (il faut voir la tête de Guy Goma quand on le présente, c’est une des choses les plus drôles que j’aie vues depuis longtemps)

KAREN BOWERMAN : « Guy Kewney est le rédacteur du site Newswireless, consacré aux nouvelles technologies. Monsieur Kewney, bonjour.

GUY GOMA (l’air horrifié) Bonjour.

K. B. Avez-vous été surpris par ce verdict ?

G. G. Je suis très surpris de voir… ce verdict me tomber dessus car je ne m’y attendais pas. Quand je suis venu, on m’avait dit autre chose. Et me voilà. Oui, c’est une grosse surprise.

K. B. Une sacrée surprise, en effet !

G. G. Tout à fait.

K. B. Quand vous voyez les sommes investies, pensez-vous que les internautes téléchargeront plus ?

G. G. En fait, partout où vous allez, vous verrez des gens en train de télécharger des choses sur Internet et sur des sites web et sur tout ce qu’ils veulent. Mais je pense… euh… c’est un vrai progrès… euh… d’informer les gens sur ce qu’ils veulent et de trouver tout facilement et aussi vite que possible.

K. B. Quand on suit les tendances actuelles de l’industrie de la musique, on a vraiment l’impression que les gens veulent surfer sur Internet et télécharger de la musique.

G. G. Tout à fait. On peut aller partout, dans les cybercafés. Et on peut télécharger facilement. Ça va devenir facile pour tout le monde de trouver des choses sur Internet.

K. B. Merci. Merci beaucoup.

Guy Goma dira plus tard “Une fois que j’ai réalisé que j’étais en direct, je me suis dit : ‘Qu’est-ce que je peux y faire ?’ J’ai juste essayé de répondre aux questions et de rester calme.”

Le destin de Guy change alors complètement : il s’adjoint les services d’un publiciste et devient la coqueluche des médias. En juin 2006, son nom est repris plus d’un million de fois sur le Net. Le magazine Zoo lui demande de commenter le championnat du monde de football (il n’y connaît rien), il met aux enchères pour Oxfam la chemise qu’il portait lors de l’émission : bien plus, une pétition circule pour lui octroyer un permis de travail britannique et forcer la BBC à lui accorder l’emploi qu’il était venu demander.

A peine 3 mois plus tard, en août, on annonce qu’Hollywood va réaliser un film sur l’aventure de celui qu’on appelle évidemment « The wrong Guy ».

« Guy is a symbol. First, the world is still a place where anything is possible. Second, Guy is an example of team spirit, in the interview Guy tried to save not just his face but the face and reputation of the BBC." dit un admirateur sur www.guygoma.com

 
 

Publié dans SHOW-BUSINESS

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