Merci M. Jackson

Publié le par Mansion

Le monde entier s’occupe actuellement d’une question qui n’a aucun intérêt, pour la simple raison que personne n’en connaît la réponse, pas plus qu’on ne sait s’il fera beau la semaine prochaine : Michael Jackson connaîtra-t-il encore le succès ? On pourrait s’interroger plus utilement sur le vide complet du dossier de l’accusation,  la psychose de la pédophilie justifiant l’humiliation publique d’un être humain et l’abolition de la présomption d’innocence. L’acquittement de Michael n’est pas le triomphe de la justice sur la calomnie. Mais l’impuissance de l’innocence, qui n’est pas parvenue à enrayer une accusation fondée sur la haine et la peur. Quoique ce sujet mérite une attention immense, parce qu’il faut à tout prix qu’aucun autre pays civilisé ne suive cette voie,  il semble  qu’il n’intéresse pas les médias. On organise, sur toute la circonférence de la planète, des plateaux télévisés où chacun y va de son avis, soit par médiumnité spontanée, soit par profession de bavardeur, où il n’y a aucun chômage.

On entend des journalistes qui ont refait trois fois leur poitrine reprocher à Michael d’avoir retouché son nez, des obsédés sexuels lui faire des leçons de morale et des chanteurs ratés prédire qu’il ne vendra jamais plus 80 millions d’albums.

Selon les uns, cet homme ne réussira plus parce qu’il est devenu tellement étrange. N’est ce pas, pourtant,  cette étrangeté qui a fait son succès ? C’est cette danse extraordinaire, presque inhumaine, ce succès colossal détruisant les barrières racistes créées par MTV, c’est Michael lui-même en répandant de fausses rumeurs sur sa vie privée, que tout le monde a consommé, a applaudi, a acheté.

D’autres, qu’on pourrait appeler la tendance ostéopathe, assurent qu’il ne pourra plus danser à cause de ses problèmes de dos (qu’ils ont bien entendu étudié attentivement). D’autres encore jouent au sociologue en affirmant sérieusement mais avec un air faussement ennuyé car ils n’ont jamais avalé sa réussite, qu’il s’agissait d’un phénomène de mode, maintenant fini et enterré sur le même ton qu’avait employé Variety en 1954 pour prédire la mort du rock’n roll...

Ainsi, aussitôt que Michael est innocenté, le voilà condamné. Et quelle est l’idée derrière ces raisonnements ?  Elle est bien simple, quoiqu’elle soit fort laide : Michael a mérité ses ennuis. Et il va maintenant payer pour tout ce qu’il a fait. Qu’a-t-il fait ? Il est sorti des limites humaines, il n’appartient plus à aucune race, voici maintenant qu’il n’appartient plus à aucun sexe. Ni Noir ni Blanc, ni homme ni femme, ni homosexuel ni hétéro, ni père ni pédophile, il est coupable de n’offrir plus aucun repère à personne. Accusé d’avoir été trop riche, on le condamne maintenant d’être pauvre. On ne lui reproche rien de précis parce qu’on l’accuse vaguement de tout, tandis que son accusatrice, qui voulait détruire sa vie, reçoit la clémence de nos juges, qui ignorent tout de la justice et ne raisonne que selon l’adage : la haine est un amour déçu.

Mais  comment ne pas voir que cet artiste prodigieux qui a révolutionné l’industrie musicale  et dont on proclame la fin prochaine, ne finira justement jamais parce qu’il a atteint le stade suprême, celui de mythe ? La démesure dont on l’accuse fera sa gloire. Cet homme brisé par ceux qui l’ont porté aux nues, accusé par ceux qu’il a accueillis,  survivra pour les raisons que l’on donne à sa fin : le dépassement des limites acceptées. Heureusement pour nous tous, le monde progresse par ses extrêmes, que le bon sens condamne toujours. Et Michael n’a jamais eu aucun bon sens.

Merci  pour ça, Monsieur Jackson.

 

 

Videoclip alors qu'un fan se jette sur Michael Jackson durant son Show Live

http://my.hanyang.ac.kr/~dtune/braveboy.wmv

Publié dans SHOW-BUSINESS

Commenter cet article