BEATLES: LE MARKETING DU COOL

Publié le par Hubert Mansion

 

 

 

Un article récent du Monde rappelle la très lente évolution technologique du catalogue des Beatles, dont la présence légale sur le Net n’est toujours pas assurée.

 

« La gestion par Apple Corps du plus rentable catalogue de l'histoire du rock est délibérément archaïque pour étaler dans le temps sa rentabilité - en 1980, avant l'apparition du CD, les Beatles avaient dépassé le milliard de disques vendus, tous supports confondus » écrit le journaliste  Bruno Lesprit.

 

Le groupe continue à jouer sur le principe de la rareté (ce qui est rare est cher) dans un monde économique passant à son inverse : ce qui est « cher » est ce qui est consommé par le plus grand nombre (1 million de téléchargements gratuits d’une chanson assure sa valeur).

 

Il ne faudrait pas croire qu’il ne s’agisse ici que de manœuvres de méchantes maisons de disques contre de purs artistes.

 

Derrière les transferts de supports des enregistrements des Beatles, il y a toujours eu des litiges juridiques.  Aujourd’hui, il s’agit en partie du différend opposant la société des Beatles à Apple concernant l’utilisation de la fameuse pomme : en procès avec Apple, il était certes difficile de « dealer » avec Itunes.  Quand il a été question de passer du vinyle au CD, c’est un autre litige qui a surgi : un tel transfert était-il ou non prévu dans le contrat de base des Beatles ? La réponse, négative pour les albums de plus de 12 titres, entraîna une très lourde négociation entre EMI et le groupe. Cette transaction est aujourd’hui considérée comme la plus importante de l’histoire du music business et mérite une mention dans celle des avocats, puisqu’elle leur rapporta 5 millions $.

 

Le résultat de cette affaire juteuse (augmentation de 26% des bénéfices pour EMI en 1996, royalties de 2,26$ par exemplaire pour les Beatles et visites des Caraïbes pour nos amis juristes) eut, pour les consommateurs, des effets bien cheap : « Pour la plupart, leurs CD de première génération sont dénués de livret. Les quatre pages qui font office de pochette ne comportent généralement pas les paroles et se contentent de mentionner les titres des chansons. Ces albums, qui ne comportent aucun bonus et ne renferment qu'une trentaine de minutes de musique, sont pourtant vendus 19,99 € » rappelle le Monde. Les consommateurs, éternels dindons de la farce, qui ont donc déjà acheté les exemplaires vinyles, et les ont jetés pour les CD, vont donc maintenant  envoyer le tout à la poubelle et acheter du numérique.

 

Néanmoins, pour le grand public peu au fait des invraisemblables guerres financières des ex-garçons dans le vent entre eux, contre EMI et aux frais de ceux qui les aiment, les Beatles continuent de passer pour le groupe le plus « cool » et le plus représentatif d’une culture vraiment dégagée des valeurs matérielles.  Des millions de dollars ont été investis pour faire passer ce mensonge…

Publié dans SHOW-BUSINESS

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