Marketing de Kylie Minogue

Publié le par Mansion

Le public n’imagine pas à quel point la stratégie de l’image importe dans le show-business – qui fait d’ailleurs tout pour qu’aucune stratégie ne soit visible sous la couture.  Le cas de Kylie Minogue, dont on parle beaucoup aujourd’hui suite à l’annonce de son cancer du sein, contient à lui seul un véritable petit cours sur les pièges et les ressorts de l’image dans l’industrie.

Après ses succès fulgurants dans des soap operas et ses enregistrements  pour Stock Aitken Waterman, Kylie avait tout pour disparaître rapidement des classements.

Après de nombreux hits (37), elle change de label et s’oriente dans une direction plus adulte qui ne remporte pas le succès escompté.  Ce type de réorientation est en effet très dangereux dans le music business, et ne fonctionne généralement pas. La réorientation de l’image fait perdre la base de fans sans attirer le public nouveau : les anciens ne se reconnaissent plus dans ce qu`ils aimaient et le nouveau public que l’on essaie d’atteindre reste sourd, n’ayant bien souvent que du mépris pour l’image passée de l’artiste (voir en France, par exemple, le cas d’Elsa, et ceux que j`évoque dans Tout le Monde Vous Dira Non)

Kylie Minogue est du reste remerciée par sa maison de disques. Emprisonnée dans son image d’icône gay,  méprisée pour ses succès jugés trop faciles et, enfin, trop âgée, semble-t-il, pour séduire le public adolescent, elle présente toutes les caractéristiques de la chanteuse has been ou en passe de l’être. Sa carrière aurait pu être définitivement terminée dès cette époque, comme bien d’autres le furent.

Elle opte pourtant très intelligemment pour une stratégie à la Madonna : ayant signé avec Parlophone,  elle  réinvente une image provocatrice destinée à réveiller les ardeurs hétéro-sexuelles tout en rappelant le bon vieux temps de Stock Aitken Waterman aux médias en quête de nostalgie. Elle commercialise  Spinning Around qui la propulse à nouveau au sommet des ventes et continue sur cette lancée jusqu’à Body Language  Son fameux short doré exhibé dans sa vidéo et son dossier de presse rappelle un public hétéro qu’elle séduit sans retenue, tout en gardant son statut auprès de ses fans gays. Cette nouvelle image est ensuite déclinée en calendriers qui se vendent par milliers, puis dérivée en ligne de lingerie et en déclarations de toutes sortes visant à cimenter sa fonction dans le music business – car tout ceci reste évidemment une immense opération commerciale. Certains médias assurent sérieusement qu’elle dispose du postérieur le plus proportionné du monde (comme s’ils avaient vérifié tous les autres), car c'est essentiellement sur cet attribut que se dirige la promotion  orientée par le petit short doré:

On s’empresse ensuite de nier toutes les annonces de mariage afin qu’elle reste virtuellement disponible pour ses admirateurs : there is no business like show-business…

A plus de 35 ans, avec Body Language,  Kylie a imposé au monde entier son statut de reine blanche de la pop…fixée aujourd’hui dans la cire du Musée Tussaud :

Croyez-moi, que l’on aime ou non ce que fait Kylie, il fallait le faire…

 

 

 

 

Publié dans SHOW-BUSINESS

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