LE COVER COMME OUTIL MARKETING

Publié le par Mansion

 

  

Le cover, ré-enregistrement d`une œuvre connue déjà commercialisée, connaît ses heures de gloire grâce à Star-Académie qui reprend systématiquement les tubes d`autrefois pour générer des ventes sans prendre trop de risques. Il vient, en outre, de trouver une nouvelle application que l`on pourrait qualifier de technique-marketing à l`ère du web.

CD BABY vient en effet de recommander à ses membres d`inclure un cover dans les albums soumis au site. L`idée est brillante : puisque la majorité des internautes ne connaissent pas les nouveaux talents et n`ont pratiquement aucune chance de les découvrir, on ne peut les attirer qu`en  utilisant la notoriété d`une œuvre célèbre. En tapant MY WAY dans un moteur de recherches  par exemple, les usagers tomberont forcément sur le site d`un inconnu ayant repris la chanson,  pourront l`écouter et découvriront peut-être les autres enregistrements.  Le site propose de réenregistrer des œuvres moyennement célèbres, n`ayant pas été trop souvent reprises afin de ne pas envoyer l`internaute sur des milliers de pages.

Techniquement, et contrairement à ce que pensent beaucoup d `interprètes, le cover ne suppose aucune démarche de la part du producteur. Pour autant que les droits mécaniques soient payés et qu`aucune atteinte ne soit portée à l`intégrité de l`œuvre, aucune autorisation spéciale n`est requise. C`est une des conséquences de la gestion collective des œuvres par les sociétés d`auteur.

On pourrait beaucoup écrire sur les covers, mais je voudrais juste mentionner cette société qui se spécialise dans le ré-enregistrement d`œuvres par leurs interprètes originaux. Beaucoup de ceux-ci, aujourd'hui oubliés,  sont approchés par ces producteurs qui leur proposent un cachet et des redevances pour réenregistrer un de leurs succès, tel FAME, par exemple, pour Irene Cara. Celui-ci est ensuite commercialisé comme s`il s`agissait de l`enregistrement original, sans que personne y trouve à redire.

Le seul problème réel est d `ordre juridique, car il arrive souvent que le contrat autrefois signé par l`interprète lui interdise à vie tout réenregistrement…Reste à trouver un bon avocat plaidant, en cas de problème, que cette clause est contraire au droit.

La question a été débattue devant les tribunaux, et notamment par Jacques Brel reprochant à Philips de lui avoir interdit tout réenregistrement de ses propres œuvres pendant une durée de 10 ans après l`expiration de son contrat. Le tribunal lui avait donné tort, en estimant qu`une telle clause ne limitait pas sa liberté créatrice.

Mais la Cour de Cassation s`est prononcée dans un sens contraire 30 ans plus tard :  la clause n`est licite que si elle est limitée dans le temps, dans l`espace, si elle est justifiée et si elle offre une contrepartie financière. La Cour ajoute que ces conditions sont cumulatives.

Il faut constater que les contrats d`enregistrement ne se sont pas adaptés aux règles fixées par cet arrêt, puisqu`ils continuent d`imposer les mêmes contraintes à des multitudes d`artistes qui n`ont aucune idée qu`ils signent alors une clause illicite…

Publié dans SHOW-BUSINESS

Commenter cet article