Physique du marketing des livres

Publié le par Hubert Mansion

Le physicien Didier Sornette a analysé la vente de 138 livres figurant dans les listes de best sellers Amazon entre 1997 et 2004. L'idée d'une telle étude lui  est venue  en observant les ventes de l'un de ses propres ouvrages, qu`une entrevue avec un célèbre journaliste américain avait propulsé au sommet des ventes.  Un événement interprété par le chercheur comme un exemple typique de choc exogène.

Didier Sornette explique l`évolution des ventes de deux manières :

- le choc exogène :  suite à un article favorable dans tel ou tel média, ou une entrevue en télévision. L`effet peut être immédiat mais il est de généralement de courte durée

- le choc endogène : alimenté par le bouche à oreilles, il génèrerait des ventes plus lentes, mais plus importantes et plus durables. L`exemple donné est le livre "The Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood," qui n`a été un best seller que deux ans après sa publication grâce à la formation de groupes de lectures, et sans aucun investissement marketing.

Sornette conclut qu`une bonne campagne marketing doit combiner les deux approches, l`une en marketing classique, l`autre en marketing de réseau.

Voir: http://www.ess.ucla.edu/faculty/sornette/.

Cette réalité se heurtait jusqu`à présent à une fatalité physique : l`épuisement du livre, parfois abandonné par son éditeur, suite à son insuccès.  La lenteur du bouche à oreilles n`est pas adaptée, en effet, aux urgences de rentabilité que l`on retrouve aussi bien dans le livre que dans la musique. L`apparition d`Amazon et d `autres sites semblables est en train de changer cette inadéquation qu`aucun libraire – et encore moins les grandes surfaces – ne pourra jamais résoudre.

Internet est par ailleurs, et devient de plus en plus, le temple du bouche à oreilles. De ces deux facteurs combinés, il faut encore et encore conclure que le net est le plus formidable outil de libération culturelle qui ait jamais existé, contrairement à ce que disent les machines de l`industrie qui eussent préféré continuer de nous vendre le moins de références possibles, dans les plus grandes quantités imaginables.

Publié dans SHOW-BUSINESS

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OLaf Boldeche 17/05/2005 19:16

Didier Sornette ? Qui peut croire à ça ...