S’il existait un cimetière des projets, sa dimension nous enterrerait tous. La cause des
échecs m’a toujours intéressé autant que celle des réussites, car savoir pourquoi telle entreprise échoue revient – presque – à comprendre à l’envers pourquoi elle aurait pu
réussir.
Un spécialiste du management énumère ainsi les raisons pour lesquelles la majorité des projets ne voit pas le jour.
1- Ne pas prévoir
assez de temps
C’est la
principale raison d’échec. On sous-évalue généralement les délais entre le plan et sa réalisation.
2- Supposer que
tout ira bien
La manie de la pensée positive conduit de plus en plus de
gens à refuser d’imaginer les embûches possibles de toute entreprise, sous prétexte de ne pas générer d’«ondes négatives». La
négativité ne consiste pas à envisager les éventuels problèmes pouvant survenir – j’appelle plutôt cela de l’intelligence – mais à y trouver un prétexte pour ne rien
faire. Prévoir les difficultés pour mieux les surmonter me semblera toujours moins stupide qu’arrêter tout au premier problème parce qu’on avait décidé
que tout irait bien. Si les spermatozoïdes raisonnaient comme ça, la terre serait déserte.
3- Bâcler la
fin
Souvent, parce qu’on est tellement fier d’avoir commencé, on se persuade qu’on a déjà fini. Plus on approche du but, plus on se dépêche, plus on risque de bâcler. J’ai par ailleurs souvent
expérimenté que parler d’un projet épuise notre énergie à le réaliser, et que moins on en dit, plus on en fait. Idéalement, il faut laisser le projet parler pour soi: comme les bébés, il parlera
quand il existera.
4- Essayer de faire
plusieurs choses à la fois et les faire toutes mal.
Ne
faire qu’une chose à la fois n’est plus dans l’air du temps, mais reste la seule solution pour bien faire. Une technique utile consiste à s’accorder des périodes de temps d’un minimum de 45
minutes consacrées exclusivement à une seule activité: sans écouter de la musique en regardant la télévision pendant qu’on répond à ses mails à côté du téléphone. Mais dans le silence d’une seule
chose, en pleine concentration sur cette chose, de manière à donner le meilleur de soi-même pendant 45 minutes.
Réf. image
entête: http://www.noosfere.org/.../Portrait_de_l_artiste.gif
Merci Hubert car, vos questionnements m'aident grandement dans mes réflexions!
« La négativité ne consiste pas à envisager les éventuels problèmes pouvant survenir – j’appelle plutôt cela de l’intelligence ».
J’adore votre phrase. C’est ce que je disais à ma chef d’équipe quand je travaillais chez Desjardins, et elle me répétait toujours que c’était négatif (il ne faut pas donner de grandes responsabilités à quelqu’un seulement parce qu’il est notre ami!).
Selon moi, les gens ont tellement peur de sortir de leur zone de confort qu’ils se protègent en refusant (inconsciemment) de penser à quelque chose de négatif. Ça nous aide à comprendre pourquoi on dit qu’un leader doit être en dehors de sa zone de confort pour être efficace.
Avec un phénomène comme celui d’Obama, je pensais que les gens auraient plus de confiance en eux même, en se disant que tout était enfin rendu possible. Malheureusement, je crois m’être trompé. Je crois maintenant que les américains en général ont mit toute leur confiance sur Obama et qu’il ne leur en reste plus beaucoup pour eux même.
En voyant un géant réussir pendant que les plus petits tombaient, ils se sont mit (toujours selon moi…) à penser qu’il n’y avait que les grands qui pouvaient réussir et qu’ils étaient mieux de se fier à ceux là pour améliorer leurs situations personnelles. En attendant, ils se font croire que c’est préférable de ne pas empirer leurs cas en pensant à des choses qui seraient négatives. Ils se débarrassent en quelque sorte de leurs responsabilités pour s’enlever du poids de sur les épaules, et préfèrent ne pas voir la réalité pour ne pas avoir encore plus mal.
C’est leur excuse pour continuer de vivre dans leur compte de fée où tout est plus beau, mais pour réussir quelque chose de relativement important, mieux vaut être capable de vivre dans le monde réel, même quand il est négatif comme présentement.
Pour ce qui est du point #1, « Ne pas prévoir assez de temps », c’est le gros problème de ma génération (génération Y). On veut tout et tout de suite. C’est quand même grave, parce qu’on représente l’avenir. Je crois qu’on va devoir se faire casser pour apprendre. Je suis un « bâtisseur » d’artistes, qui veut ensuite devenir leur gérant, et je n’arrive pas à trouver des jeunes (14-20 ans) qui sont prêts à pratiquer leur chant 1h par jour! Ils se disent qu’ils vont réussir une carrière internationale grâce à moi et à leur belle image, et qu’ils pourront se la « couler douce » après avoir signé mon contrat, même si je suis très clair sur le sujet dès le départ. Si vous avez un truc, ne vous gênez pas pour m’en faire part!
Très intéressant votre article!