MONTRÉAL, COUVEUSE INTERNATIONALE

Publié le par Hubert Mansion

N'importe quel Européen séjournant quelque temps au Québec ne peut manquer d'être étonné par la quantité incroyable d'artistes, souvent très talentueux, qui y vivent.

 

Ce pays a pour la musique une dévotion nationale : s’il n'y a pas, à proprement parler, de Fête de la musique au Québec, c'est parce que la fête nationale elle-même est tout entière consacrée à la musique. Le nombre de festivals consacrés au jazz, à la musique du monde, aux nouveaux talents, à la chanson francophone, traditionnelle, électroacoustique, électronique, chorale etc. dépasse les limites de tout agenda portable. En été, Montréal est un festival de festivals et quand on habite au centre-ville, il suffit d'ouvrir sa fenêtre pour entendre, pendant quatre mois, les meilleurs musiciens du monde.

C'est dire qu'à côté des talents, il existe les structures.  L'État subventionne, accompagne et reconnaît la musique comme, à mon sens, aucun autre pays au monde. C'est parce que la culture, au Québec, est un enjeu fondamental de l'histoire et de la politique. Il y a rien d'extraordinaire à ce qu'un chanteur français, en France, rassemble des milliers de spectateurs chantants avec lui. Mais au Québec, un événement semblable constitue une réaffirmation de la spécificité canadienne française. C'est un peu, à chaque fois, le banquet d'Astérix après la victoire mais on n’attache jamais le barde : on lui donne le micro car il chante juste.

Montréal, connue pour ses nids de poule, constitue ainsi la meilleure couveuse pour les talents naissants. Le mépris n'y a pas cours; la pauvreté n'est pas jugée, les producteurs sont accessibles.

Une nouvelle structure associative, à but non lucratif, propose aujourd'hui d’«améliorer la situation économique, sociale et professionnelle des artistes et artisans de tous les horizons culturels, de les regrouper, conseiller et de promouvoir leur carrière

L'idée fondamentale d’Affaires d’art est de développer chez les artistes le passage à l'acte. On y offre un coaching permettant aux créateurs de définir leurs ambitions et de circonscrire les étapes pour y accéder. L'association dispense, pendant une durée relativement courte, un service de conseil et d'accompagnement dans la réflexion, et l’accès aux outils et contacts de l’industrie. Il s'agit, en quelque sorte, du contraire du management, car l'artiste n'est pas ici débarrassé de ce qui l’ennuie et sort ainsi de sa relation de dépendance avec un personnage imaginaire et futur qui va tout faire à sa place.

Passer du message - déprimant - «soyez réalistes » au tonique «soyez réalisateurs» donnera des ailes aux uns et le vertige à d'autres. Le directeur de l’association, Michel Trépanier, me disait hier que certains, poussés au bout de leurs rêves, prennent soudain peur qu'ils se réalisent quand d'autres ne peuvent plus attendre de les vivre. Cette solution est toujours préférable au cauchemar d'avoir voulu être un artiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiste.  

 info@affairesdart.org

http://www.fetenationale.qc.ca/

Publié dans SHOW-BUSINESS

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