Les 7 péchés capitaux du show-business : (1 de 7) L’envie

Publié le par Hubert Mansion



 
St Thomas d'Aquin définit l'envie comme «une tristesse des biens d'autrui».

L’envie, selon cette conception, n’est pas du tout la volonté d’acquérir quelque chose comme on l’entend ordinairement, mais la tristesse qui s’empare d’une personne lorsqu’elle en voit une autre posséder quelque chose qu’elle-même n’a pas:

«Le souvenir des biens passés, en tant qu’on les a possédés, cause du plaisir. Mais en tant qu’on les a perdus, il cause de la tristesse. Et en tant qu’ils sont possédés par l’autre, ils causent de l’envie». (Thomas d’Aquin)



La Rochefoucauld dit à son tour:

«La jalousie tend à conserver un bien qui nous appartient ou que nous croyons nous appartenir, au lieu que l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres».



«Le bourreau de l’esprit»

Voltaire l’appelait le «bourreau de l’esprit», car l’envie affecte la paix intérieure. Les bouddhistes, les Grecs, les Romains, les Juifs, les musulmans et les chrétiens l’ont condamnée pour cette raison, la Bible ajoutant que:

«Rien ne fait plus de tort à la santé du corps que l'envie et la colère».


Cette tristesse du bonheur d’autrui vient du mécanisme de la pensée qui dit aussitôt «Et moi, alors?»

La pensée, par nature, compare et ramène tout au moi. Elle regarde comme un singe la banane de l’autre et se demande comment elle pourrait l’attraper. Aussitôt qu’elle se l’est appropriée, elle s’attaque à autre chose, car le bonheur est passé avec la digestion.



Envie, show-business et planche à billets

Le show-business a compris depuis longtemps que cette envie représente une véritable planche à billets. Croit-on en effet que le public soit heureux du bonheur des stars? Il en est malade.

Il adore, au contraire, leurs malheurs pour autant qu’on ait d’abord bien exposé leur bonheur. Il suffit d’investir dans la communication de la félicité de l’autre pour récolter dans celle de sa souffrance. Cette planche à billets tourne donc à plein régimes pour les magazines nous montrant périodiquement la cellulite des reines de beauté et les hospitalisations de ceux qui ont tout.

Car alors le public éprouve une consolation encore plus trouble: à quoi sert-il en effet, se dit-il, de monter si haut pour descendre si bas?

Il trouve un encouragement à ne pas faire, ne pas essayer, ne pas se réaliser. «Madonna a beau avoir plein d’argent, elle est quand même en plein divorce. Elvis, adulé des foules, a fini dans la solitude». Alors pourquoi tenter d’oser quoi que ce soit?

Cette envie, qui a réclamé de la déchéance pour son soulagement, finit par trouver le repos dans la paresse…

Oui, l’envie, «chagrin et haine qu'on ressent du bonheur, des succès, des avantages d'autrui» disait Littré, est un péché capital.

De capitalistes.


 


Publié dans SHOW-BUSINESS

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