CE QUE LES PRIMATES NOUS APPRENNENT SUR LE SHOW-BUSINESS

Publié le par Hubert Mansion

Il y a tant de points communs entre le comportement des primates et le nôtre, lorsqu’il s’agit de pouvoir et de vedettariat, que je suis étonné de n’avoir jamais lu ou entendu une étude vraiment comparative sur le sujet.

Ce n’est pas, évidemment, que je veuille réduire les humains aux singes; mais n’est-il pas intéressant de voir que les mêmes motivations profondes peuvent animer les uns et les autres?

Pourquoi un primate veut-il s’élever au sommet de la pyramide sociale? Selon les éthologues, la raison principale tient aux récompenses associées à cette position : plus de nourriture et plus de rapports sexuels. Le parallèle est déjà drôle, car Elvis ne se comportait pas autrement.  Mais il y a plus. Au sommet de la hiérarchie des singes, le chef jouit du privilège de l’attention.

La vraie récompense du chimpanzé ou du gorille lorsqu’il parvient en position dominante consiste à « être le point de mire de tous, à commander la perception de masse, à piloter le sens commun », selon Howard Bloom (Le Cerveau Global).  Ainsi, les gorilles des montagnes, par exemple, passent une bonne partie à observer le chef. Diane Fossey, qui les observait tous, a remarqué un jeune qui dévisageait pendant des heures, chaque jour, le mâle dominant: lorsque celui-ci daignait jeter un regard sur lui, un frisson de plaisir parcourait son corps.

On ne peut manquer de faire le parallèle avec la vedette jouissant de la célébrité. Lorsque Elvis regardait une spectatrice, celle-ci ressentait au moins la même chose que le jeune gorille. Mais s’il est vrai que le chef jouit de l’attention de tous, peut-on déduire, à l’inverse, que celui qui dispose du privilège de l’attention soit le chef?  Une des grandes leçons du show-business est, à mon sens, que oui : ce n’est pas parce qu’il est le meilleur ou le plus fort que tous le regardent. C’est parce que tous le regardent qu’il est le plus fort.

Car l’un des secrets de la promotion est aussi simple que celui-ci : l’attention engendre l’attention. Si trois personnes se réunissent en rue pour observer quoi que ce soit, une quatrième viendra, puis une cinquième, même s’il n’y a rien d’extraordinaire à observer. C’est en raison de ce principe que Frank Sinatra faisait croire qu’il jouait à guichets fermés; c’est à cause de cela que les ventes d’un album augmentent exponentiellement dès qu’il est classé dans un Top quelconque et cette même raison a été également attestée en ce qui concerne la cote des peintres. C’est pourquoi si j’étais professeur de show-business, j’enverrais les chanteurs étudier les canaris et les responsables de promo apprendre chez les singes.

Publié dans SHOW-BUSINESS

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Chtif 14/08/2006 03:19

oui, très sympa cet article.
Merci G.T. pour le lien.
Bye

G.T. 21/07/2006 20:34

Très bon article... marrant et bien vu. Je le mets en lien sur mon blog !
A bientôt...