Ne rien comprendre à Madonna

Publié le


À la suite de la venue de Madonna à Montréal, la presse fait ses choux gras de sa maigreur et publie son régime avec des airs effarouchés. Où est, demande un journaliste, le plaisir que la star peut prendre à la vie si elle ne peut manger de cheesburger ?

C’est peu comprendre à la vie, et rien à Madonna.

D’abord parce que la « starthlétique », avant d’être une chanteuse, est une entreprise. Son apparence est son capital et ses formes son objet social. Elle constitue à elle seule une multinationale, trompeuse sans doute parce qu’elle revêt une apparence humaine, mais réelle quand on en examine le bilan. Ses actionnaires, ses pourvoyeurs de fonds, s’appellent cuisses modelées, seins bombardiers, épaules découpées. Madonna sans ces propriétés, c’est Esso sans pétrole, Coke sans coca.

Mais surtout, l’incompréhension de beaucoup de commentateurs vient d’une erreur de base sur le cœur du business de la chanteuse. Le business de Madonna n’est ni la musique, ni le sexe. Le cœur de son entreprise, l’explication des centaines de dollars que paient la majorité de ses spectateurs n’est rien d’autre que le statut de la femme. Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours de même.

Depuis le début de sa carrière, le public croit qu’elle chante. Mais en vérité elle prêche. Autrefois, que le fait d’être femme n’empêche pas de pouvoir se conduire comme un homme dans ce qu’il comporte de moins fascinant. Aujourd’hui, qu’à cinquante ans on peut encore en paraître 30.

Elle vend de l’espoir en faisant croire aux femmes qui la suivent depuis toujours qu’elles sont capables de mieux. Elle est ce qu’elles pourraient être si elles le voulaient vraiment. Madonna sur scène, c’est donc elles en mieux, elles si elles avaient pu se libérer de leurs empêchements intérieurs qui ont été autant d’obstacles à leur bonheur. Elles, si elles étaient purifiées de ce qu’elles ne sont pas.

Les hommes avaient John Wayne montant sur son cheval et laissant une adorable indienne pleurer ses larmes en le regardant partir vers la liberté comme eux n’auraient jamais su le faire. Les femmes ont Madonna montant sur scène.

Les femmes ne comprennent donc rien à John Wayne, ni les hommes à Madonna.

Publié dans SHOW-BUSINESS

Commenter cet article

MarcEric Pesesse 25/10/2008 16:21

.. Comme Michael Jackson qui prêche qu'être noir n'empêche pas d'être blanc ..Business-business, prêchi-prêcha, il n'empêche qu'au final ils ont très mauvaise mine !Alors Madonna, John Wayne, Michael Jasckson ou les capitalistes ont'ils vraiment compris l'être humain et la liberté qu'il peut atteindre ?