avec Hubert Mansion Produit par ARTSON Québec, 18 juin 2006 AVEC LE...
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Entrevue du 5 avril 2006:

Hubert MANSION

"Un mot de la relation de presse"
Lisez
ICI
Auteur et Recherche:
Hubert Mansion
Mise en page / Audio
illustration / Animation:
Lise Bisson
Collaboration spéciale:
Merci à Denis Grenier
et Simon Senay
Partenariat en référence
Dans la cellule voisine, le Moine-Manager ne va pas mieux. En trois mois de travail acharné, il n’a gagné que 1000$ X 20% = 200$. Les 1000$ constituent le cachet perçu par son artiste pour un
petit concert organisé dans le bar du Monastère. Cachet théorique, faut-il le dire, car l’organisateur a commencé par dire qu’il n’y avait pas assez d’entrées pour payer le montant
convenu.
-On verra après le spectacle s’il y a eu assez de monde pour te payer.
Le Moine-Manager s’est heureusement souvenu de l’Enseignement reçu.
(«Celui qui est sur la Voie se fait payer avant le spectacle»).
-S’il n’y a pas de paiement préalable, il n’y aura pas de spectacle Moine-Organisateur. Je suis
désolé.
-Comment pourrait-on faire? feint de se demander le propriétaire du Bar.- Bon, je suis d’accord de faire un effort. Je vous signe un chèque… Mais
vraiment je suis bon prince.
Dans la fumée du bar, le Moine-Manager revoit son Maître près du disque d’or sur lequel il frappe avant chaque axiome.
(«Celui qui est sur la Voie n’accepte jamais de chèque d’un organisateur de spectacle»)
-Désolé, je n’accepte pas les chèques, Moine-Organisateur. Seulement du cash.
Après d’âpres négociations, le Moine-Organisateur consent à payer. Le spectacle se déroule plutôt mal, mais enfin l’argent est là, dans la poche du Moine-Manager. Pas pour longtemps,
pourtant.
À la fin du concert, le Moine-Chanteur, s’approchant de son manager avec cet air abattu des grands jours, lui demande:
-Est-ce que tu ne pourrais pas prendre ta commission la prochaine fois, j’ai de sérieux problèmes de liquidités … Tu serais super-cool.
-D’accord… Je te donne les 1000$.
-QUOI? TU LUI AS DONNÉ LES 200$?? demande la femme du Moine-Manager par téléphone. Mais tu n’as même pas de quoi payer la moitié du loyer!
Je ne peux pas cacher au lecteur que ça allait déjà mal avec Christine, sa femme, qui se demandait s’il n’était pas en train de devenir homosexuel à force de passer des nuits entières dans les
bars avec cet artiste. Mais cette fois le Moine-Manager sent l’arrivée de la fin. Il demande audience au Maître des Novices qui lui apparaît aussitôt. Après lui avoir exposé ses angoisses, le
Maître frappe un grand coup sur le disque d’or:
-Dans les films, tu as vu que les managers arnaquaient les artistes, n’est-ce pas?
-Oui Maître. La plupart sont malhonnêtes, et je ne veux pas grossir leur rang.
-Bien. Dans la réalité, qu’as-tu vu?
-…
-Tu n’as rien vu car la réalité t’est inaccessible. Or la voici: les artistes arnaquent bien plus souvent les managers que le contraire. Si tu acceptes qu’un artiste ne te paie pas de petites
sommes, comment l’habiteras-tu à t’en payer de grandes? Si tu lui laisses croire que ton travail ne vaut pas de salaire, comment espères-tu qu’il respecte ton travail? S’il ne le respecte pas,
pourquoi te serait-il fidèle? S’il ne t’est pas fidèle, pourquoi investis-tu?
-Je suis un insecte infirme, un mille-pattes auquel il n’en reste que trois, devant votre Suprême Savoir.
Bong! fait le disque d’or.
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