Le lion est mort ce soir : transaction tardive de Disney

Publié le par Hubert Mansion

 

Une scandaleuse affaire mêlant le racisme, Walt Disney, et l’Afrique du Sud vient de trouver une issue transactionnelle : les héritiers du compositeur de Le Lion est Mort Ce Soir vont percevoir une compensation financière destinée à couvrir les droits d’auteur passés et futurs, qui auraient dû être versés, essentiellement par Disney.

  

Solomon Linda est mort avec 25 $ sur son compte alors que, selon Rolling Stone, l’œuvre aurait généré plus de 10 millions $ en droits d’auteur grâce à l’enregistrement des Weavers, rebaptisant l’oeuvre "The lion sleeps tonight", en 1949.

  

Au départ, c’est en raison de sa race que Solomon Linda n’avait pu toucher ses droits. La chanson avait été ensuite purement et simplement volée par Pete Seeger, de sorte que toutes les adaptations et cessions successives, n’étant fondées sur aucun droit réel, étaient illégales.

  

Mais il fallait le faire reconnaître : la justice sud-africaine a donc réussi à impressionner Disney au point de forcer le groupe à transiger. Les héritières de Solomon abandonnent toute poursuite contre une somme non divulguée.

  

C’est un peu tard, car le lion est mort depuis bien longtemps.

  

Quant à moi, je n’ai pas grande estime pour les affaires de Disney.  Le groupe tient depuis longtemps un double discours : d’un côté,  il n’existe qu’en raison de l’exploitation de la création d’auteurs qu’il ne rémunère jamais parce qu’ils sont dans le domaine public  (Victor Hugo, Andersen, Charles Perrault, et tant d’autres); de l’autre, il se débat pour obtenir une prolongation de la durée du droit d’auteur avant que ses propres productions ne tombent dans ce domaine public dont il a tant profité. En fait d’éthique, pour une société ayant forgé l’inconscient de millions d’enfants, on repassera.

  

Est-ce la fin de mon réquisitoire? Presque. J’ai en détestation le personnage de Mickey. Je le trouve stupide, vide de sens, et omniprésent. J’ai eu un jour à défendre une association qui avait reproduit les oreilles de cette ridicule mascotte sur un imprimé : Disney m’avait fait savoir très sérieusement, que celles-ci étaient déposées à titre de marque de commerce. C’est pour mieux te vendre du merchandising,  mon enfant.

Publié dans SHOW-BUSINESS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Mélophile 22/02/2006 15:32

C'est vraiment dommage que pour commenter et dénoncer (à juste titre) une affaire scandaleuse vous simplifiez et caricaturiez les événéments et multipliez les contre-vérités, comme pour mieux servir vos idées.
L'histoire est beaucoup plus complexe que votre présentation, Pete Seeger n'a pas "purement et simplement volée" la chanson, ce n'est pas spécifiquement "en raison de sa race" que Solomon Linda (qui s'est d'ailleurs fortement inspiré d'un air traditionnel pour cette chanson) n'a pas touché tous ses droits,  et  Walt Disney  qui n'est pas d'ailleurs détenteur des droits d'édition n'est qu'une partie du problème (l'affaire et les millions de dollars en jeu sont bien antérieurs au Roi Lion).
je vous renvoie au lien suivant d'un article du Monde qui explique assez bien toute l'histoire (qui avait aussi fait l'objet d'un très bon documentaire diffusé l'été 2004 sur Arte) :
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/cons/lectures/Mbube_%20pillage%20d'un%20air%20zoulou.htm
 

Gilliane 17/02/2006 20:09

 Je n'avais déjà pas à la base une grande admiration pour Disney, ça ne les remonte pas dans mon estime...Enfin bon..En tout cas quand vous êtes remonté Hubert , ça fait mal...