Plaidoyer pour Guy Cloutier

Publié le par Hubert Mansion

Est-il absolument nécessaire de connaître l’histoire de l’utérus et les péripéties du vagin des victimes pour enseigner au monde à lutter contre la pédophilie ? Faut-il en permanence  faire paître le public dans la fange  pour élever son niveau de conscience ? Dimanche dernier est tombée, pour moi, la goutte qui a  fait déborder le vase de l’abus sexuel.

On a beau verser 1$ sur un  livre vendu 29$, créer des fondations, des associations, il vient un moment où cet étalage public écoeure.  Ce n’est pas de l’information qu’on veut nous donner - que dis-je nous donner? - nous vendre : c’est de l’émotion. Le viol devient un feuilleton et l’inceste un suspens. Cette émotion fait perdre la raison à des journalistes dont le métier est de la garder coûte que coûte afin de nuancer, documenter, éclaircir et mettre en perspective : ce temps est-il fini ?  Personne n’ose remettre en question les confesseurs en tous genres, de crainte de passer pour un pervers ou un  complice. Le sens critique disparaît d’un revers de la main et, plutôt que de demander certaines explications afin de s’approcher davantage de la vérité, on exige plus de détails, on verse des larmes, et on fait ses petites affaires. Venir prétendre, comme à Tout le Monde en Parle, qu’une maison de disques s’est bâtie sur un viol et ne plus voir que cet aspect de la réalité dans une entreprise de musique, réclamer qu’on rende de vieux trophées et accuser ceux qui les ont remis, dépasse mon entendement. Pourquoi ne pas, aussi, retirer les Volkswagen pour la relation de cette marque avec Hitler ou interdire Sinatra à cause de la mafia ?

Et au-delà de tout cela, quand finira l’opprobre sur un  criminel déjà condamné, emprisonné, mort publiquement, vraisemblablement au bord de la ruine, déjà dans la déchéance, réduit au silence, sali jusqu’aux molécules, et qui doit se taire ?

Si j’avais un éditorial, je déclarerais que les coupables aussi ont droit à la justice, même quand ils sont dans le show-business. Et surtout quand leurs méfaits commencent à devenir, également, une sorte de  business que je ne sais comment il faut qualifier.   

Publié dans SHOW-BUSINESS

Commenter cet article

Jacques Benoit 26/07/2006 03:06

Pour mieux connaître les droits des enfants !

Lise 19/11/2005 14:55

Je n'ai pas pu écouter cette émission mais comme tout le monde en parle effectivement, après ton article, j'ai entendu à la radio que Nathalie parlait de son frère dans son bouquin. Je suis d’avis qu’il faut dénoncer les abuseurs pour que ça cesse absolument. Cependant, personne ne devrait impliquer une autre victime dans son fardeau même libérateur car justement, la liberté appartient à chacun !