La blancheur de Beyoncé

Publié le par Hubert Mansion

 

 

Le show-business américain est-il occupé à inventer une nouvelle race? La dernière couverture du Vanity Fair est aujourd’hui le prétexte d’une nouvelle polémique. Le magasine Radar assure en effet que Beyoncé, qui figure en pleine page, aurait été ″éclaircie″ au photoshop, ce qui met la communauté noire de mauvaise humeur.

Si l’on observe la couleur de la peau dans la musique, on remarque que, la plupart du temps, autant les rappers sont foncés, autant les chanteuses R and B sont claires. Maria Carey, Withney, Toni Braxton, Janet Jackson, Diana Ross, Donna Summer, Vanessa Williams (première Miss America noire) sont toutes si claires que le public pourrait parfois penser qu’elles sont blanches. Au contraire 50 cents, Jay Z, Tupak, Little Kim sont si foncés qu’on pourrait croire qu’ils appartiennent à une autre race.

La raison tient évidemment à la question d’identification potentielle du public. Plus le public potentiel s’élargit, plus la vedette doit à la fois contenir et transcender ses standards raciaux, comme on a pu le voir dans le cas de Michael Jackson.  Pour cette raison, Jennifer Lopez doit perdre ses caractères ethniques, comme Beyoncé, et comme n’importe quelle chanteuse asiatique à venir.

Les manipulations dont on parle annoncent peu à peu une plus grande ouverture du marché américain tout en démontrant sa soumission aux préjugés raciaux. Aux Blancs, tout reste permis : chanter du jazz comme du hip-hop. Mais voit-on tant de Noirs interpréter un répertoire typiquement blanc? Que dirait le marché, par exemple, si l’on voyait un Haïtien chanter du Charles Trenet, du George Brassens ou de l’Aznavour, sans y ajouter aucun ″soul″, je veux dire en chantant comme les interprètes originaux?

Ceux qui prétendent qu’il n’y a plus de racisme dans la musique ne feraient-ils pas mieux de fermer ce qui leur sert de bouche?

Publié dans SHOW-BUSINESS

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