Sheryl Crow commence par étudier le piano et continue par enseigner la musique.
Comme tant d’autres, elle participe à un groupe de reprises et enregistre de temps à autre des jingles et publicités. Cette activité devenant de plus en plus lucrative, elle décide d’aller tenter sa chance à Los Angeles avec sa démo de publicités, quand elle apprend que Michael Jackson fait auditionner des choristes pour son « Bad world tour ». A sa grande surprise, elle est engagée alors qu’elle ne connaît pratiquement personne à Los Angeles[1].
La suite devrait s’écrire toute seule : à la suite de ses rencontres avec le milieu professionnel, elle finit par signer un contrat d’enregistrement avec une multinationale et obtient le succès. Mais non; il faut plutôt lire : à la suite de ses rencontres avec le milieu professionnel, elle finit par signer un contrat d’enregistrement avec une multinationale et récolte un échec. A&M, sa maison de disques, refuse de sortir l’album qui ne correspond pas à ses attentes. Il faut en effet savoir que dans la plupart des contrats d’enregistrement avec des majors américaines, la maison de disques se réserve toujours le droit de ne pas commercialiser ce qu’elle a enregistré lorsqu’il s’agit d’un premier album (et parfois de manière générale) :
« The masters recorded by ARTIST hereunder shall consist of ARTIST’S newly recorded joint studio performances of material selected or approved by COMPANY and not previously recorded by ARTIST. Each such master shall be subject to COMPANY’s approval as commercially satisfactory for the manufacture and sale of records. Upon the request of COMPANY, ARTIST shall re-record any selection until a commercially satisfactory master shall have been obtained.”
Sheryl tombe dans une dépression de plus d’un an. Son conjoint de l’époque, un ingénieur du son, lui suggère de se joindre à un groupe qui se réunit une fois par semaine pour jamer. En quelques mois, ils enregistrent le matériel d’un nouvel album qui sort en 1993. C’est l’échec à nouveau, même si la chanson « Leaving Las Vegas », interprétée par Sheryl illustre un film au succès mondial.
Si l’on fait un point sur la carrière de la chanteuse à ce stade, on peut donc dire que cette artiste
1-dans la vingtaine
2-qui a étudié la musique
3-douée d’une voix acclamée par les plus grands artistes
4-dotée d’une expérience mondiale de la scène et des tournées
5-signée par une multinationale
6-au physique agréable
7-renommée pour ses talents de compositeur
8-signée en édition par Warner Chappel
9-dont une chanson figure dans un film au succès mondial
10-et résidant à Los Angeles
ne vend pas un disque[2].
A&M finira toutefois par sortir la fameuse chanson « All I Wanna Do » (is have some fun, and I've got a feeling I'm not the only one) et l’album se vendra à 7 millions d’exemplaires. Finalement, ce qui manquait c’est un bon A&R[3]…
[1] (Règle n.1 : on peut réussir sans avoir aucun contact)
[2] (Règle n.2 : on peut échouer en ayant tous les contacts.)
[3] Encore une : toujours se méfier des spécialistes.
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Londres, mai 2006. Guy Goma, un Congolais sans travail récemment arrivé en Grande-Bretagne, attend dans un couloir qu’on vienne le chercher pour une entrevue d’embauche à la BBC.
"… La chanson reste un immense privilège. Mais le public ignore souvent tout ce qu'il faut vivre pour en arriver là. Le temps perdu. En voyages, en attentes, dans les loges... Il m'est arrivé, pour faire une seule chanson dans un programme de télé en Allemagne, d'être bloqué pendant trois jours dans une loge. Avec le recul, je sais que ce temps perdu m'a fait passer à côté de pas mal de choses de

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