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CONFÉRENCES

avec Hubert Mansion

Produit par ARTSON

Québec, 18 juin 2006

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ENTREVUES

AVEC  LE...

au FM Parlé de Montréal par

 

  

Entrevue du 1er mars 2006

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Entrevue du 3 mars 2006

 "L'enfant du Loft"

 

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Entrevue du  26 avril 2006

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Entrevue du 6-6-6

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Entrevue du 24 août 2006

"Le NippleGate"

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Entrevue du 27 septembre 2006

"Médecine du Loft"

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ENTREVUE avec HUBERT

par M. GIROUX - 95,1fm

 

 

 

FRÉQUENCE LIBRE

 

         

 

 

Entrevue du 5 avril 2006:

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La  Radio  du  Net
  
 
Entrevue du 17 juillet 2006
 
avec HUBERT par Tommy GAUDET
et  Simon-Pierre BILODEAU
 
   

Entrevue TQS - septembre 2007

avec Hubert MANSION

par Jean-Guy MONGRAIN

Décès de Pavaroti

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 Hubert Mansion 

   

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Lise Bisson
 

  

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Merci à Denis Grenier

et Simon Senay


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Lundi 17 septembre 2007

Son dernier single « Umbrella » est numéro 1 mondial, et on la présente partout comme la nouvelle Beyoncé.

 

On raconte qu’elle a signé chez Def Jam suite à une audition avec Jay-Z  qui aurait menacé de la jeter par la fenêtre si elle n’apposait pas ses initiales sur le contrat. La réalité est tout autre, bien sûr, mais cette légende alimente la « street credibility » de notre artiste.

 

En moins de deux ans, elle a sorti 3 albums, car nous sommes entrés dans le temps de la rotative : à peine a-t-on trouvé un MP3 qu’un nouveau disque apparaît sur les tablettes. En moins de deux ans également, Rihanna a vendu son image et /ou sa voix à 9 campagnes publicitaires américaines ou internationales :

 

 

-Miss Bisou (ligne de vêtement de JC Penney), printemps été 2006

-Boisson Fuze

-Clinique Happy (parfum), 2006

-CoverGirl (maquillage, 2006)

-Sparklespray (2005)

-Voitures (GM) 2006

-LG Chocolate (téléphone) 2007

-Déodorant « Secret », 2007

Elle  a enfin été récemment déclarée «Jambes de déesse» par Venus Gillette Razors et porte-parole du concours à travers l’Amérique.

La totalité de ces «deals» ont été initiés par sa maison de disques qui perçoit ainsi, directement ou indirectement, à côté des traditionnelles redevances, une commission sur les produits vendus en pharmacie, dans les garages, et tous les rayons des grandes surfaces.

Notre «mini-Beyoncé» a très bien compris le mécanisme général de l’exploitation de son image auprès des femmes:

« Girl fans, they're the best. They wanna dress like you, do their hair like yours and it's very cute, I love it» («Les filles sont les meilleures fans. Elles veulent s’habiller comme moi, se  coiffer comme moi. C’est mignon, j’adore ça»)

Les revenus ainsi engrangés lui ont permis de récupérer les avances, frais d’enregistrement et de promotion avancés par son producteur. C’eût été impensable il y a dix ans mais c’est l’évidence aujourd’hui : les maisons de disques se rattrapent des effets de la crise du disque par ceux de l’accroissement de la consommation de produits esthétiques. Hugues Aufray aurait-il été d’accord? Oui, si l’on en juge par Bob Dylan, qui a accepté de vendre son image à la lingerie de Victoria’s Secret.  En fait, les relations des vedettes et de l’argent, sous l’influence de la culture noire américaine, ont profondément changé.

(À suivre)

par Hubert Mansion publié dans : SHOW-BUSINESS
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Samedi 15 septembre 2007

Aliénation raciale et produits dérivés  

 

Le rap a non seulement décomplexé le rapport qu’entretiennent les vedettes avec l’argent, mais a porté la réussite financière au sommet des valeurs morales. S’enrichir, c’est se venger, affirmer que les Noirs peuvent être plus riches que les Blancs, que l’aliénation raciale est finie. En ceci, la richesse devient une éthique, et les campagnes publicitaires financées par GM ou CoverGirl une manifestation d’un droit à l’égalité encore contesté dans la société nord-américaine: on ne peut pas comprendre le rap en ignorant l’histoire de l’esclavage.

Quand on a compris, d’autre part, l’importance du merchandising dans le music business d’aujourd’hui (on prévoit que les revenus du disque ne représenteront plus que 30% des revenus des maisons de disques), on ne s’étonne plus que   Def Jam perçoive, à côté des traditionnelles redevances, des royalties sur un déodorant, des boissons ou des téléphones.  Idem, bien sûr, pour les chanteurs.

 

 

Jay-Z, Beyoncé et Rihanna  

 

La réussite financière de ces derniers dans des domaines aussi éloignés de la musique plaît à leur fans, et renforce leur fonction de modèles pour des millions d’enfants. Ce que la culture post-hippie appelait l’aliénation des masses est devenu dans la culture hip-hop un moyen de sortir du ghetto. S’ils y sont arrivés, pourquoi pas moi? Leur richesse ne provoque pas de jalousie, mais de l’admiration, aucun discours critique mais du «respect».

Simultanément, l’association avec les marques a changé de forme. Il ne s’agit plus, pour une vedette comme Rihanna, de chanter sur scène avec une affiche de CoverGirl dans le fond. Il faut incarner CoverGirl - et bien plus: l’univers de CoverGirl.

 

 

Vampirisme des marques  

 

Les grandes marques se sont toujours comportées comme des vampires d’identité en se nourrissant des qualités des artistes qu’elles achètent dans le but de devenir des êtres vivants. La nouveauté vient aujourd’hui de l’inverse: c’est la chanteuse qui se nourrit de la marque dont l’identité, bâtie à coup de millions de dollars, est forte (en général, moins les administrateurs ont de morale, plus les marques ont d’éthique).

Le vampire, peu à peu, devient monstre et son emprise s’alourdit. La marque impose son identité à son porte-parole dans ses représentations professionnelles; mais, pour une vedette, la séparation entre la sphère publique et privée s’est effondrée depuis les années 90 (voir le cas de Britney), de sorte que l’association touche aujourd’hui l’intimité.

 

 

Exercice pratique : décryptage de « Umbrella »

 

 

Dans le contrat signé avec L’Oréal, Beyoncé s’est engagée, par exemple, à maintenir la même apparence physique. Elle est même tenue d’autoriser toute «inspection» de ses cheveux pour autant qu’elle reçoive un préavis de deux semaines. Ceci paraîtra, dans quelques années, une pécadille. Car déjà seul un œil un peu perspicace peut saisir dans le dernier clip de Rihanna la quantité de messages de marques: dans Umbrella on voit essentiellement, outre l’éternelle «fuckability» - pardon du terme – avec tendance marquée à se positionner en icône gay, les jambes de la chanteuse (celles du concours Gilette Razors), son maquillage (de CoverGirl) et des «umbrella»: Rihanna a en effet cédé à la marque Totes le droit de donner son nom à une ligne de parapluies. La fin du vidéoclip se montre d’ailleurs très explicite sur l’intimité de l’association dont je parlais ci-dessus puisque CoverGirl propose aux internautes qui viendront visiter la marque de gagner un voyage dans la patrie de la chanteuse.

Ainsi, d’une pierre 7 coups: en un seul clip, Rihanna vend son single, son album, un système d’épilation, une ligne de parapluies, une gamme de maquillage, lance un appel aux clubs gay et donne un coup de main à l’Office du tourisme de la Barbade.

À part ça, elle n’a rien à nous dire bien sûr: Rihanna n’est pas une chanteuse: c’est un média.

par Hubert Mansion publié dans : SHOW-BUSINESS
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Dimanche 2 septembre 2007

 

 

Le droit est tordu : c’est la veuve, puis la succession de Brel qui hérite, par exemple, des droits d’auteur d’une chanson écrite par le chanteur à sa maîtresse (Ne me quitte pas); les héritiers de Ravel, n’ayant avec lui aucun lien de sang, ni d’âme, ni d’esprit, ont perçu pendant des années les fortunes générées par le Boléro, œuvre que méprisait son compositeur.

On voit des femmes ayant quitté leur mari se faire passer pour leur porte-parole : Véronique Coluci qui s’était engagée par contrat à ne pas porter le nom de son ex-mari, se présente aujourd’hui comme sa veuve (elle n’est en réalité que son ex), Jane Birkin pour celle de Gainsbourg, et celle d’Hergé pour l’ayant droit de Tintin. Du reste il n’est pas nécessaire d’être veuve pour s’arracher les dépouilles de quelqu’un qui n’est pas encore mort, comme l’a constaté Jacques Martin.

Courtney Love verrouille l’exploitation des chansons de son défunt mari, comme la fille d’Émile Littré avait empêché qu’on touche au dictionnaire de son père et on voit de lointains descendants de Victor Hugo s’opposer, au nom du droit moral, à ce qu’on écrive une suite aux œuvres du poète.

La raison est toujours la même, bien sûr, et se dit en un signe qui est celui du serpent: $.

S’il y a par ailleurs tant de femmes dans ces procédures, c’est uniquement à cause de leur longévité, je suppose. Et d’un certain entêtement : en 30 ans de procédures, 5 expertises, 6 ordonnances et trois arrêts, l’anarchie règne toujours dans la succession de Leo Ferré, et l’on ne sait pas qui aura quoi, entre la première femme de Léo, décédée mais à qui succède sa fille, et sa troisième.

Car bien sûr il y a les enfants, quand il n’y a plus les veuves. Les deux fils de Roda-Gil s’opposent à ce que leur père, auteur de Si on chantait, soit chanté par Julien Clerc dans un album qui contiendrait des œuvres d’autres paroliers au nom de l’intégrité d’une œuvre dont ils n’ont fait que profiter.  Il n’y aurait donc rien d’exceptionnel à ce que des héritiers se déclarent la guerre en ce qui concerne les droits de Quand les hommes vivront d’amour, puisque d’autres se sont cruellement battus pour ceux de Love Me Tender et que Richard Cocciante, auteur-compositeur de Sincérité a été condamné pour déclarations mensongères.

On plaide au nom de l’intégrité, mais on en n’a aucune, au nom des droits moraux, mais on n’a pas d’éthique, au nom du respect de l’œuvre, mais on espère juste vivre à l’aise sans devoir en faire aucune.

par Hubert Mansion publié dans : SHOW-BUSINESS
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Jeudi 26 juillet 2007

On peut enfoncer des portes ouvertes tout en jetant l’argent par les fenêtres: c’est une découverte que je viens de faire en lisant le contrat conclu entre l’université de San Diego  et l’agent d’Al Gore publié sur le site de www.smokkingun.com

Il s’agissait d’organiser une conférence sur le sempiternel réchauffement climatique. Les conditions de la convention sont elles-mêmes hot.

L’organisateur commence par devoir payer 100.000$ de cachet auquel on ajoute :

-les frais A/R au départ de Nashville (12.000$),

-l’hôtel pour deux personnes, les repas et le coût des appels téléphoniques.

-Un per diem de 1000$ pour l’accompagnateur

-10 entrées gratuites aux meilleures places

-Un service de sécurité

J’avoue mon malaise en lisant ces clauses, car je crois me souvenir que Saint Jean, par exemple, ne réclamait pas d’âne ni d’eau gazeuse pour prêcher la Bonne Nouvelle. Je me suis dit que c’est parce qu’il répand une mauvaise nouvelle le faisant souffrir qu’Al Gore réclame un cachet. Puis, en respirant profondément, j’en ai conclu qu’on peut être généreux tout en étant vorace.

Par la suite, j’ai également compris qu’on peut être un grand communicateur tout en étant un brin timide. En effet, notre ami Al :

-S’engage à faire des commentaires informels uniquement entre 4hPM et 4h10PM

-Ne participera à aucun repas, débat, conférence de presse ou tout autre événement sans un accord préalable et écrit de son agent;

-N’acceptera pas la présence de la presse, sauf accord express.

-N’acceptera aucune interview, ni même aucune demande d’interview

-Ni qu’on enregistre sa conférence, ou qu’on le prenne en photo

Et  enfin, on peut être à la fois un grand décideur et un homme hésitant :

-« L’organisateur reconnaît que le Vice Président Gore peut choisir de reprogrammer ou d’annuler sa présence, pour quelle que raison que ce soit et à n’importe quel moment avant la conférence »

Mais bien sûr l’aspect le plus intéressant du contrat concerne les modalités de transports de celui que la convention continue d’appeler Vice-Président : celui-ci ne se déplacera qu’en Sedan, ou de préférence en hybride, mais à mon avis pas en Lada. Le contrat prévoit expressément l’interdiction de tout véhicule du type 4X4.

En outre et enfin, il y a quelque chose qui m’a fait comprendre un événement que la presse a scandaleusement passé sous silence : Al prévoit la possibilité de venir en jet privé (tout en se faisant rembourser le billet d’avion régulier).

C’est donc qu’il a inventé un jet fonctionnant à l’huile d’olive, car il est impossible que Gore réchauffe la planète en venant faire une conférence contre le réchauffement de la planète.  

 

     

par Hubert Mansion publié dans : SHOW-BUSINESS
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Samedi 21 juillet 2007

On pouvait voir il y a quelques jours, sur une page du site Canoe, l’annonce suivante :

 « MARIE-ÉLAINE THIBERT »

RENCONTRE AVEC L'EX-ACADÉMICIENNE

 

 Marie-Élaine Thibert

© Journal de Montréal

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Marie-Élaine Thibert est une chanteuse issue de Star Académie qui a vendu 300.000 exemplaires de son précédent album au Québec.

La mayonnaise Hellmann’s est un produit du groupe Unilever (Becel, Bertolli, Knorr, Lipton, Cif, Vaseline, Dove, Axe, etc) dont le bénéfice net s’élevait à 4,7 milliard € en 2006.

Si elles se rencontrent toutes les deux sur le site en question, c’est par ressemblance : parce qu’elles sont vraies.

Le marketing de l’authentique

L’idée de faire passer un produit industriel tel que la mayonnaise Hellmann’s pour un produit vrai vient de l’agence Ogilvy qui a lancé en juin 2007 la campagne «It’s time for real».

Or, comme la mayonnaise, Marie-Élaine, dans sa perception par le public, est nature : elle a « travaillé fort » pour réussir, elle n’est pas construite de toutes pièces par le show-business (comme pourraient l’être d’autres mayonnaises industrielles), son succès provient de sa valeur, et non des faux- semblants : son dernier album s’appelle d’ailleurs «Comme ça».

Elle pose donc, sur cette photo, manches relevées et mains sur les hanches, dans une attitude d’agricultrice qui s’en va moissonner : l’authenticité-vérité est toujours une valeur rurale opposée à la sophistication-mensonge conçue comme urbaine. Dans nos stéréotypes, les agriculteurs détiennent le vrai savoir parce qu’ils sont proches de la terre (un peu comme les sportifs sont les vrais héros car ils ne peuvent tricher). Ça tombe très bien pour une mayonnaise qui voulait dire exactement la même chose.

En somme, la lecture de l’annonce révèle trois vérités vraiment nouvelles :

1.- La mayonnaise HELLMANN’S produite par millions de litres n’est pas un produit industriel.

2.- Marie-Élaine Thibert n’est pas un produit : c’est ce qu’elle affirme en s’affichant avec un produit.

3.- Marie-Élaine Thibert n’est pas une formule de marketing, c’est ce qu’elle manifeste en se trouvant au cœur d’une campagne de marketing.

À qui profite cette association ?

D’abord et immédiatement au groupe Quebecor, propriétaire du site internet et à ce titre diffuseur de publicités, mais également  propriétaire du label de Marie-Élaine.

Ensuite à Hellmann’s, qui, aux côtés d’une femme posant en agricultrice, fait  oublier l’EDTA de calcium disodique dans son vrai produit industriel.

Enfin, à Marie-Élaine qui atténue son passé de produit star-académique en profitant du message de la mayonnaise.

Bien sûr, il y avait risque de perte de crédibilité pour la chanteuse (déjà qu’elle nous vend sa salade, voilà maintenant de la mayonnaise). Mais ce risque est habilement évité.

L’annonce ne prétend pas, comme dans les années 50 «Marie-Élaine Thibert préfère la mayonnaise Hellmann’s».  Elle n’est même plus rédigée, comme dans les années 80, sur le thème «Hellmann’s présente : la chanteuse authentique».

En fait, le visiteur de ce site ne crée aucune association directe entre la personne et le produit, alors qu’il n’y a pas, comme je viens de le montrer, association plus intime.

Et la mayonnaise prend.

par Hubert Mansion publié dans : SHOW-BUSINESS
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